LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2423962

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2423962

lundi 23 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2423962
TypeDécision
Avocat requérantCABINET ACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du 8 août 2024 par lequel le préfet de police a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme B, ressortissante marocaine, en raison de sa condamnation pour escroquerie constituant une menace pour l'ordre public. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, la requérante ne justifiant pas d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation, et qu'aucun moyen n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La solution s'appuie notamment sur les dispositions des articles L. 423-6 et L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Mileo, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 3 août 2024, par laquelle le préfet de police lui a refusé la délivrance d'une carte de résident et le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail dans l'attente du jugement au fond à intervenir, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance de référé, assortie d'une astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est présumée s'agissant d'une décision portant refus de renouvellement de titre de séjour ; la décision la place dans une situation de séjour irrégulier ; elle risque d'être éloignée du territoire français ; son inscription à Pôle emploi demeure suspendue dans l'attente de la régulation de sa situation ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : elle est entachée d'incompétence ; la commission du titre de séjour n'a pas été saisie ; elle est insuffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle ; elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à l'application des dispositions des articles L. 423-6 et L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle ne constitue pas une menace à l'ordre public ; elle méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2024, le préfet de police, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la condition d'urgence n'est pas avérée ;

- aucun moyen n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 29 août 2024 sous le n° 2423124 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Le Roux, vice-présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 18 septembre 2024 tenue en présence de Mme Gaonach-Née, greffière d'audience, Mme le Roux a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Moller, substituant Me Mileo, représentant Mme B, en sa présence et les observations de Me Jacquard, pour le préfet de police.

Mme B a présenté une note en délibéré, enregistrée le 18 septembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante marocaine née le 27 janvier 1996, est arrivée en France en 2016 sous couvert d'un visa long séjour " étudiant " avant d'obtenir le 25 mars 2022 une carte de séjour pluriannuelle " vie privée et familiale ", valable jusqu'au 24 mars 2024. Le 4 avril 2022, elle a été condamnée par le tribunal correctionnel de Paris à 5 mois d'emprisonnement avec sursis pour escroquerie. En se fondant sur cette condamnation, le préfet de police a estimé que la présence de la requérante sur le territoire français constituait une menace pour l'ordre public et a, par un arrêté du 8 août 2024, refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdite de retour sur le territoire pour une durée de cinq ans. Par la présente requête, la requérante demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 8 août 2024.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () " . Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci.

4. Aux termes de l'article R. 431-5 de ce code : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants:/ 1° l'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné au 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ; () ".

5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier qu'en n'effectuant la demande de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle qu'à la date du 8 février 2024, alors que l'ancien titre expirait le 24 mars 2024, Mme B n'a pas respecté les délais impartis pour le renouvellement d'un tel titre de séjour, mentionné à l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, l'arrêté attaqué doit, par suite, être regardé comme un refus de délivrance de titre de séjour et non comme un refus de renouvellement. Ainsi, la condition d'urgence n'est pas, contrairement à ce que soutient l'intéressée, présumée.

6. Pour justifier de l'urgence de sa situation, Mme B soutient que la décision attaquée la place dans une situation de séjour irrégulier, qu'elle risque d'être éloignée du territoire français et que son inscription à une formation Pôle emploi est suspendue dans l'attente de la régularisation de sa situation. D'une part, en ne déposant pas sa demande de renouvellement de titre séjour dans les délais impartis, Mme B s'est elle-même placée dans la situation d'urgence qu'elle dénonce. D'autre part, il résulte de l'instruction que Mme B est sans emploi depuis février 2023 et n'apporte pas d'éléments établissant les recherches d'emploi qu'elle aurait entreprises depuis cette date. Enfin, et au surplus, la requête enregistrée le 29 août 2024 sous le n° 2423124 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée a été enrôlée à l'audience du 17 décembre 2024. Dans ces conditions, la condition d'urgence prévue par les dispositions de l'article L. 521-1 ne peut être regardée comme remplie.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions, sans qu'il soit besoin d'examiner si les moyens invoqués sont propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 23 septembre 2024.

La juge des référés,

M.-O. Le Roux

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

2/1

← Retour aux décisions