vendredi 31 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2423985 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | MICHAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 septembre 2024 et le 16 octobre 2024, M. E, représenté par Me Michaud, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 10 août 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de douze mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation ;
- il révèle un défaut d'examen particulier des circonstances propres à sa situation ;
- il est entaché d'une erreur de fait en ce qu'il relève un défaut de justification d'une activité professionnelle, de la recherche d'un emploi et d'une assurance maladie personnelle ;
- c'est à tort que le préfet de la Seine-Saint-Denis a considéré que sa présence sur le territoire constituait une menace pour l'ordre public ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 décembre 2024 et le 9 décembre 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 6 novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Lenoir.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant bulgare né le 12 novembre 1970 à Sofia, est entré en France au mois de mai 2004, selon ses déclarations. Par un arrêté en date du 10 août 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de douze mois. Par la requête susvisée, M. D demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle du 6 novembre 2024. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur sa demande tendant à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, l'arrêté attaqué, en tant qu'il oblige M. D à quitter le territoire français, vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier les articles L. 235-1 et L. 251-1 de ce code, dont il fait application. En outre, cet arrêté mentionne que M. D constitue, d'une part, une charge déraisonnable pour le système d'assistance sociale français et ne dispose d'aucun droit au séjour et, d'autre part, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. Dans ces conditions, la décision attaquée faisant état des considérations de fait et de droit en constituant le fondement, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis, avant d'obliger M. D à quitter le territoire français, n'aurait pas procédé à l'examen de sa situation.
6. En troisième lieu, M. D soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait, en ce qu'elle fait état d'un défaut de justification d'une activité professionnelle, de la recherche d'un emploi, et d'une assurance maladie personnelle. Toutefois, alors qu'il ressort des termes même de la requête de M. D que celui-ci ne disposait pas d'une activité professionnelle à la date de la décision attaquée, l'intéressé ne saurait justifier d'une assurance maladie personnelle par la production de sa seule carte vitale. En outre, dès lors que la décision attaquée s'est bornée à relever que M. D n'avait pas justifié d'une recherche d'emploi, la circonstance que celui-ci aurait effectivement effectué une telle recherche, à la supposer établie dans le cadre de la présente instance, est en elle-même sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Le moyen tiré de l'erreur de fait doit par suite être écarté.
7. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; / (). L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine. "
8. D'autre part, l'article L. 233-1 du même code dispose que : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; / 3° Ils sont inscrits dans un établissement fonctionnant conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur pour y suivre à titre principal des études ou, dans ce cadre, une formation professionnelle, et garantissent disposer d'une assurance maladie ainsi que de ressources suffisantes pour eux et pour leurs conjoints ou descendants directs à charge qui les accompagnent ou les rejoignent, afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale ; / 4° Ils sont membres de famille accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° ; / 5° Ils sont le conjoint ou le descendant direct à charge accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées au 3°. "
9. Pour obliger M. D à quitter le territoire français, le préfet de la Seine-Saint-Denis a considéré que, dès lors que l'intéressé avait été interpellé pour des faits de vol en réunion sans violence en date du 10 août 2024 et était connu pour des faits de menace de mort sur une personne dépositaire de l'autorité publique en date du 12 janvier 2016, sa présence sur le territoire français constituait une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. Toutefois, eu égard à l'absence de violence relevée quant aux faits de vol reprochés à M. D au titre de l'année 2024 et au caractère ancien des faits ayant donné lieu à signalement en 2016, et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que ces différents faits aient donné lieu à poursuite ou condamnation, M. D est fondé à soutenir qu'en considérant que sa présence sur le territoire français constituait une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société, le préfet de la Seine-Saint-Denis a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
10. Toutefois, le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est également fondé, pour obliger M. D à quitter le territoire français, sur un autre motif, tiré de ce que celui-ci ne justifiait plus d'aucun droit au séjour, au sens et pour l'application du 1° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. A cet égard, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D satisfasse à l'une des conditions posées par les dispositions de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, citées au point 8. Alors qu'il résulte de l'instruction que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait pris la même décision s'il s'était fondé uniquement sur ce motif, le moyen tiré de ce que c'est à tort que le préfet de la Seine-Saint-Denis a considéré que son comportement constituait, du point de vue de l'ordre public, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société, doit être écarté.
11. En cinquième lieu, d'une part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
12. D'autre part, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".
13. Il ressort des pièces du dossier que M. D est père de deux enfants, nés en 2011 et 2012 d'une union avec Mme C, pour lesquels un placement en famille d'accueil a été ordonné depuis l'année 2014. A cet égard, si M. D se prévaut des évolutions positives relevées dans le jugement du tribunal pour enfants de B en date du 24 février 2023, au titre duquel un droit de visite, tous les deux mois et sous le contrôle du service gardien lui a été accordé, il ressort des termes du même jugement que l'aide sociale à l'enfance avait préconisé une réduction du rythme des visites, dans le respect du souhait des filles de M. D, celles-ci continuant d'exprimer une insécurité lors des rencontres, lesquelles constituent pour elles des sources d'anxiété. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. D ne bénéficie pas d'une insertion professionnelle en France, est hébergée dans un centre d'hébergement d'urgence et ne maîtrise pas la langue française, malgré la durée de présence sur le territoire dont il se prévaut, sans toutefois pouvoir être regardé comme en justifiant par la production d'avis d'imposition ne faisant état, jusqu'à l'année 2022, d'aucun revenu d'activité. Dans ces conditions, c'est sans porter une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. D ou à l'intérêt supérieur de ses enfants que le préfet de la Seine-Saint-Denis a pu l'obliger à quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées aux points 11 et 12 doit être écarté.
En ce qui concerne le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
14. Aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. / L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel. "
15. Pour refuser d'accorder à M. D un délai de départ volontaire d'un mois, le préfet de la Seine-Saint-Denis a considéré qu'il y avait urgence à éloigner l'intéressé, eu égard à la circonstance que sa présence sur le territoire français constituait une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour l'intérêt fondamental de la société et que celui-ci, ne disposant d'aucun droit au séjour en France, constituait une charge déraisonnable pour le système d'assistance sociale français. Toutefois, eu égard à ce qui a été dit au point 9, et faute pour l'absence de droit au séjour de M. D de constituer un motif d'urgence, M. D, qui se prévaut d'une erreur d'appréciation du préfet quant à la menace à l'ordre public qu'il constituerait, est fondé à soutenir que c'est à tort que le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne l'interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de douze mois :
16. Aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans. "
17. Ainsi qu'il a été dit au point 9, le préfet de la Seine-Saint-Denis ne pouvait légalement fonder l'arrêté du 10 août 2024 obligeant M. D à quitter le territoire français sur le 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. S'il pouvait fonder cette obligation sur le 1° du même article, celui-ci ne lui permettait pas de prononcer à l'encontre de l'intéressé une interdiction de circulation sur le territoire français.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
18. En premier lieu, l'arrêté attaqué, en tant qu'il fixe le pays à destination duquel M. D pourrait être éloigné, vise les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et mentionne que l'intéressé n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à cette convention en cas de retour dans son pays d'origine ou tout autre pays où il est effectivement admissible. Le moyen tiré du défaut de motivation doit par suite être écarté.
19. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis, avant de fixer le pays à destination duquel M. D pourrait être éloigné, n'aurait pas procédé à l'examen de sa situation. Le moyen doit par suite être écarté.
20. En troisième lieu, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur dans l'appréciation, par le préfet de la Seine-Saint-Denis, de la menace pour l'ordre public dont serait constitutive la présence de M. D sur le territoire français doivent, en tant qu'ils sont dirigés contre la décision fixant le pays de destination, être écartés comme inopérants.
21. En quatrième lieu, eu égard à ce qui a été dit au point 13 et en tout état de cause, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.
22. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. D est seulement fondé à demander l'annulation des décisions par lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de douze mois.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
23. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme réclamée par M. D sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. D tendant à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 10 août 2024 du préfet de la Seine-Saint-Denis est annulé en tant qu'il refuse l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. D et prononce à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de douze mois.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à Me Michaud et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 13 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Rohmer, président,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Lenoir, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2025.
Le rapporteur,
Signé
A. LENOIR
Le président,
Signé
B. ROHMERLa greffière,
Signé
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2317492
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté les demandes de la SARL 42 Consulting visant à obtenir la restitution du crédit d'impôt recherche pour les années 2019 et 2020. La juridiction a estimé que la société n'avait pas apporté la preuve que les projets litigieux remplissaient les conditions scientifiques et techniques d'éligibilité prévues par l'article 244 quater B du code général des impôts. Elle a également jugé non fondés les griefs relatifs à une irrégularité de la procédure administrative.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2409280
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la demande de décharge d'impôt sur la plus-value immobilière présentée par Mme A... pour l'année 2020. Le litige portait sur l'interprétation de la condition d'exonération prévue au 1° bis du II de l'article 150 U du code général des impôts, concernant la première cession d'un logement autre que la résidence principale. Le tribunal a jugé que le fait que la requérante ait été propriétaire de son ancienne résidence principale dans les quatre années précédant la vente faisait obstacle au bénéfice de l'exonération, et ce, même si ce bien n'était plus son domicile au moment de la cession.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2420874
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour formulée par un ressortissant sénégalais. La juridiction a jugé que le préfet de police avait méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ne tenant pas compte de l'ancienneté de la présence du requérant en France et de son insertion professionnelle continue. Le tribunal a enjoint à l'administration de délivrer un titre de séjour "salarié" dans un délai de trois mois et une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours, et a condamné l'État à verser 1 000 euros au requérant au titre des frais exposés.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2422817
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour. Le juge a constaté que l'administration n'avait pas répondu à la demande de communication des motifs de son refus implicite, ce qui constitue une illégalité. Cette solution s'appuie sur les articles L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration et R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026