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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2424115

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2424115

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2424115
TypeOrdonnance
Avocat requérantCABINET LEM AVOCAT

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris a rejeté comme manifestement irrecevable la requête du syndicat SNPEFP-CGT et de salariés de la société SFEF (filiale du groupe Omnes Education) contestant l’absence de réponse de la DRIEETS à un projet de licenciement économique de plus de dix salariés. Le tribunal a jugé que l’avis émis par l’administration dans ce cadre (articles L. 1233-53 et L. 1233-56 du code du travail) ne constitue pas une décision faisant grief, et que son absence ne révèle pas davantage une décision susceptible de recours pour excès de pouvoir. La requête a donc été rejetée sur le fondement de l’article R. 222-1 4° du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2024, le syndicat national CGT des personnels de l'enseignement et de la formation privés SNPEFP-CGT, M. L N, Mme J A, Mme M I, Mme F K, Mme H C, Mme D B et M. E G, représentés par le cabinet LEM avocat, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision de la direction régionale interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS), rendue dans le cadre du projet de licenciement collectif de la société SFEF ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ; ".

2. Aux termes de l'article L. 1233-46 du code du travail : " L'employeur notifie à l'autorité administrative tout projet de licenciement pour motif économique d'au moins dix salariés dans une même période de trente jours. " L'article L. 1233-53 du même code prévoit que : " Dans les entreprises de moins de cinquante salariés, l'autorité administrative vérifie, dans le délai de vingt et un jours à compter de la date de la notification du projet de licenciement, que : 1° Les représentants du personnel ont été informés, réunis et consultés conformément aux dispositions légales et conventionnelles en vigueur ; / 2° Les obligations relatives à l'élaboration des mesures sociales prévues par l'article L. 1233-32 ou par des conventions ou accords collectifs de travail ont été respectées ; / 3° Les mesures prévues à l'article L. 1233-32 seront effectivement mises en œuvre. " Enfin, en application de l'article L. 1233-56 de ce code : " Lorsque l'autorité administrative relève une irrégularité de procédure au cours des vérifications qu'elle effectue, elle adresse à l'employeur un avis précisant la nature de l'irrégularité constatée. Elle envoie simultanément copie de ses observations au comité social et économique. / L'autorité administrative peut formuler des observations sur les mesures sociales prévues à l'article L. 1233-32. / L'employeur répond aux observations de l'autorité administrative et adresse copie de sa réponse aux représentants du personnel. Si cette réponse intervient après le délai d'envoi des lettres de licenciement prévu à l'article L. 1233-39, celui-ci est reporté jusqu'à la date d'envoi de la réponse à l'autorité administrative. Les lettres de licenciement ne peuvent être adressées aux salariés qu'à compter de cette date. "

3. Le syndicat SNPEFP-CGT et les autres requérants, salariés de la société française d'étude et de formation (SFEF), filiale du groupe Omnes Education font valoir que la société SFEF, qui comprend moins de cinquante salariés, a adressé à la direction régionale interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS) le 18 juillet 2024 un projet de licenciement pour motif économique de plus de dix salariés. Faute de réponse à cette transmission, ils estiment que la DRIEETS a approuvé ce licenciement et demandent au tribunal d'annuler cette décision, au motif qu'elle serait entachée d'irrégularités et de plusieurs erreurs de droit.

4. Il ressort cependant des dispositions précitées du code du travail que lorsque la DRIEETS est saisie pour information par une société de moins de cinquante salariés d'un projet de licenciement pour motif économique de plus de dix salariés, elle n'a pas à approuver ce projet mais peut uniquement se prononcer par un avis qui n'a, par lui-même, ni pour objet ni pour effet d'empêcher le licenciement et qui n'oblige l'entreprise qu'à une simple réponse. Ainsi, alors même qu'un tel avis est susceptible de suspendre l'envoi des lettres de licenciement jusqu'à la date d'envoi de la réponse de l'entreprise à l'autorité administrative, ces avis ne constituent pas des décisions administratives faisant grief, susceptibles de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Dans ces conditions, l'absence d'avis formalisé sur un projet de licenciement pour motif économique de plus de dix salariés d'une entreprise de moins de cinquante salariés ne révèle pas non plus l'existence d'une décision qui serait susceptible de faire l'objet d'un tel recours.

5. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation présentées par les requérants sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées, comme par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ainsi, cette requête, qui ne saurait être régularisée, est entachée d'une irrecevabilité manifeste et peut, dès lors, être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête du SNPEFP-CGT, syndicat national CGT des personnels de l'enseignement et de la formation privés et autres est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au SNPEFP-CGT, syndicat national CGT des personnels de l'enseignement et de la formation privés, premier dénommé, en sa qualité de représentant unique de l'ensemble des requérants et à la ministre du travail et de l'emploi.

Copie en sera adressée à la direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France et à la SFEF, société française d'étude et de formation.

Fait à Paris, le 10 octobre 2024.

La présidente de la 3ème section,

P. Bailly

La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

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