lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2424127 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | ROSIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Rosin, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéficie de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement refusé de lui délivrer une carte de résident en qualité de réfugié ;
3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet territorial compétent de lui délivrer, à titre provisoire, une carte de résident valable 10 ans dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer et statuer sur sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de le munir d'un document provisoire de séjour assorti d'une autorisation de travail le temps de ce réexamen dans un délai de 48 heures, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros hors taxe à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et en cas de non admission définitive à l'aide juridictionnelle à son bénéfice au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- l'urgence est caractérisée car en dépit de ses démarches, il ne peut établir la régularité de sa situation et ne peut justifier de son droit d'exercer une activité professionnelle, alors même qu'il a été admis au statut de réfugié et qu'il est en droit de se voir délivrer une carte de résident déposée le 27 novembre 2023 ; la décision attaquée a des conséquences graves sur son intégration professionnelle, son contrat ayant été suspendu le 9 septembre 2024.
Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :
- la décision contestée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît l'article L. 424-1, L. 424-3 et R.424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête de M. A
Il oppose que la condition tenant à l'urgence exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie, dès lors qu'une nouvelle attestation de prolongation d'instruction, valable du 12 septembre 2024 au 11 mars 2025, permettant au requérant de justifier de la régularité de son séjour et l'autorisant à travailler, lui a été remise. Il précise que la préfecture demeurait dans l'attente de la transmission par l'autorité compétente de la copie du bulletin N° 2 de son casier judiciaire.
Par un mémoire, enregistré le 18 septembre 2024, M. A, représenté par Me Rosin, demande au tribunal de donner acte du désistement de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte et maintient ses autres conclusions.
Il soutient qu'il demande le maintien de ses conclusions sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 compte tenu de ses démarches antérieures à la saisine du juge auprès de l'ANTS et de la préfecture pour le renouvellement de l'API et en l'absence d'explication sur la carence de l'administration et sur la date à laquelle aurait été sollicité l'extrait n° 2 de son casier judiciaire.
Vu :
- la requête, enregistrée le 10 septembre 2024, sous le n°2424129, tendant à l'annulation de la décision contestée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Salzmann, vice-présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique tenue le 18 septembre 2024 en présence de Mme Latour, greffière d'audience, le rapport de Mme Salzmann.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant afghan, né le 28 mars 1996 en Afghanistan, s'est vu reconnaître la qualité de réfugié par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du
21 novembre 2023. M. A a déposé, le 27 novembre 2023, une demande de carte de résident en qualité de réfugié et une attestation de prolongation d'instruction lui a été délivrée valable du 27 novembre 2023 au 26 mai 2024 renouvelée et valable jusqu'au 8 septembre 2024. Après avoir vainement tenté d'obtenir le renouvellement de cette attestation, le requérant, qui fait valoir que le silence gardé par le préfet de police sur sa demande de carte de résident a fait naître une décision implicite de rejet, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision implicite.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, l'admission de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur la demande au titre de l'article L.521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. Par un mémoire, enregistré le 18 septembre 2024, postérieure à l'introduction de la requête, M. A s'est désisté de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Il résulte de ce qui a été dit au point 2 que M. A est provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Rosin, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Rosin de la somme de 800 euros. Dans le cas où M. A ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête de M. A.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Rosin renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Rosin la somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Cette somme sera versée directement à M. A en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Rosin.
Copie sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Paris le 23 septembre 2024
La juge des référés,
M. SALZMANN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./3-5