mardi 18 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2424532 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET FARES & ASSOCIES (SELARL) |
Vu la procédure antérieure :
Monsieur F E a demandé au tribunal administratif de Montreuil d'annuler les décisions du 9 août 2024 du préfet de Seine-Saint-Denis portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour pendant 24 mois.
Par une ordonnance du 10 septembre 2024, le président du tribunal administratif de Montreuil a transmis la requête au tribunal administratif de Paris.
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 6 septembre 2024 et le 3 janvier 2025, M. F E, représenté par Me Fares et Me Robert-Aupetit, demande au tribunal d'annuler les décisions du 9 août 2024 du préfet de Seine-Saint-Denis portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour de 24 mois.
M. E soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence du signataire de l'acte;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 décembre 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.
Par une ordonnance du 8 janvier 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 janvier 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- et les observations de Me Hildevert, substituant Me Fares, représentant M. E.
Considérant ce qui suit :
1. Monsieur F E, ressortissant marocain, né le 2 septembre 1990 est entré sur le territoire français en 2015, selon ses déclarations. Le 9 août 2024, il a été interpellé pour recel de vol. Le même jour, le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et avec fixation du pays de renvoi, complétée par une interdiction de retour sur le territoire français de 24 mois.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme A D, cheffe du pôle instruction et mise en œuvre des mesures d'éloignement à la préfecture de la Seine-Saint Denis, qui bénéficiait d'une délégation de signature en vertu de l'article 4 de l'arrêté n°2024-3033, pour les arrêtés préfectoraux portant obligation de quitter le territoire français, les décisions fixant le délai de départ et les décisions d'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Monsieur E vit en France depuis 2015 et fait valoir son concubinage avec madame C depuis le 27 octobre 2022. Il justifie par ailleurs d'une insertion professionnelle en tant que peintre en bâtiment dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée entre le 1er janvier 2018 et le 31 janvier 2020. S'il ressort des pièces du dossier que monsieur E se prévaut d'une présence régulière sur le territoire depuis 9 ans à la date de l'arrêté, celle-ci n'est pas établie sur l'intégralité des neuf années, son expérience professionnelle dont l'ancienneté est insuffisante pour être significative, ainsi que le caractère récent de son concubinage, à le supposer établi, ne permettent pas d'attester d'une vie privée et familiale suffisamment stable.
4. Dans les circonstances de l'espèce, et eu égard tant à la durée qu'aux conditions de séjour en France de l'intéressé, la décision contestée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle n'a donc pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présente jugement sera notifié à M. E, à Me Fares et Me Robert-Aupetit et au préfet de Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 4 mars 2025, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Philippe Séval, président,
Mme Chloé Hombourger, première conseillère
M. Vadim Melka, conseiller
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 mars 2025.
Le rapporteur
V. B
Le président,
J-P. Séval
La greffière,
S. Rahmouni
La République mande et ordonne au préfet de Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/4-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401325
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... contre la décision de non-opposition à la déclaration préalable de la société SFR pour l’implantation d’antennes de radiotéléphonie mobile à Paris 13e. Le tribunal a d’abord jugé que M. B... ne justifiait pas d’un intérêt à agir suffisant au sens de l’article L. 600-1-2 du code de l’urbanisme, car il n’a pas démontré que le projet affecterait directement ses conditions de jouissance de son bien. Par suite, la requête a été déclarée irrecevable, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens, notamment ceux tirés de l’absence d’avis de l’architecte des bâtiments de France ou de la méconnaissance de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme.
06/01/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2324980
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... contestant son expulsion du territoire français en urgence absolue, décidée par le ministre de l'intérieur le 22 octobre 2023. Le tribunal a jugé que la procédure d'urgence absolue, prévue à l'article L. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dispensait de consulter la commission spéciale d'expulsion, et que les autres moyens, notamment le détournement de procédure et la méconnaissance des articles L. 631-3 et L. 252-1, n'étaient pas fondés.
06/01/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431132
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui demandait l’annulation d’un arrêté d’expulsion du 21 octobre 2024 et de la décision d’assignation à résidence prise le même jour par le préfet de police. Le tribunal a jugé que l’arrêté d’expulsion était suffisamment motivé et que le préfet n’avait pas commis d’erreur d’appréciation en considérant la présence de l’intéressé comme une menace grave pour l’ordre public, au vu de ses condamnations pénales. La solution retenue s’appuie sur les articles L. 631-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que sur les articles 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et 3-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant, sans que ces derniers soient méconnus.
06/01/2026