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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2424689

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2424689

mercredi 25 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2424689
TypeDécision
Avocat requérantDE SEZE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 septembre 2024, M. C B, représenté par Me de Seze, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande de titre de séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet de police ou au préfet territorialement compétent, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle à titre provisoire ou, à titre subsidiaire, une attestation de prolongation d'instruction portant autorisation de travail dans un délai de 10 jours sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre plus subsidiaire, de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la condition d'urgence :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'en l'absence de titre de séjour, il est placé dans une situation d'extrême précarité administrative, depuis une durée anormalement longue, qui l'empêche de percevoir le revenu de solidarité active ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle méconnait les dispositions des articles L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 23 septembre 2024 à 13 heures 27, le préfet de police conclut au rejet de la requête au motif qu'il a délivré le 23 septembre 2024 une nouvelle attestation de prolongation d'instruction de la demande de titre de séjour valide jusqu'au 22 mars 2025.

Par un acte, enregistré le 23 septembre 2024, M. B déclare se désister de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 16 septembre 2024, sous le numéro 2424691, par laquelle B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Pochot, greffière d'audience, M. A a lu son rapport.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision en date du 16 juin 2023, l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a accordé à M. B, de nationalité afghane, le bénéfice de la protection subsidiaire. Le 29 juin 2023, M. B a sollicité la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire ". Le 7 novembre 2023 puis le 11 mars 2024 une attestation de prolongation d'instruction d'une demande de titre de séjour justifiant de la régularité de son séjour et lui permettant d'exercer une activité professionnelle en France jusqu'au 10 juin 2024 a été délivrée à M. B. Dépourvu depuis cette dernière date de tout titre, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet de sa demande tendant à la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire ", née du silence conservé sur cette demande par le préfet de police.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle

Sur le désistement :

4. Par un acte, enregistré le 23 septembre 2024, M. B a déclaré se désister de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction. Ce désistement est simple et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les conclusions aux fins d'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique :

11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle soit prononcée et que son avocat renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de ce dernier le versement à Me de Sèze d'une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il est donné acte à M. B du désistement de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction.

Article 3 : L'Etat versera à Me de Sèze une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridique et de l'admission définitive de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, au Préfet de police et Me de Sèze.

Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.

Fait à Paris, le 25 septembre 2024.

Le juge des référés,

J.-F. A

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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