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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2424797

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2424797

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2424797
TypeOrdonnance
Avocat requérantCABINET BJMR AVOCATS (AARPI)

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision de suspension conservatoire prise par le directeur du GHU Paris psychiatrie et neurosciences à l’encontre d’un interne en médecine. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant ayant saisi le tribunal cinquante-six jours après la décision contestée, soit trop tardivement pour justifier une urgence. La requête a été rejetée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2024, M. C A, représenté par Me Joliff, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 23 juillet 2024 par laquelle le directeur du groupe hospitalier universitaire de Paris en psychiatrie et neurosciences a prononcé à son encontre une suspension conservatoire, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris de le réintégrer dans sa formation dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris une somme de 2000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'elle porte préjudicie de manière directe à la poursuite de ses études en troisième cycle de médecine mais également créée un risque d'exclusion définitive du cursus de médecine sans autres pièces à son dossier ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle méconnait le principe de respect du contradictoire et le principe de respect des droits de la défense ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits ;

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 17 septembre, sous le numéro 2424798, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A est interne en médecine, à ce titre il effectue un stage au sein du service psychiatrie et neurosciences du groupe hospitalier universitaire (GHU) de Paris. Par décision en date du 22 juillet 2024 le directeur du GHU de Paris a prononcé à son encontre une suspension à titre conservatoire. Par la présente requête, le requérant demande la suspension de cette décision par application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ".

3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. Pour justifier de l'urgence que présenterait la suspension de l'exécution de la décision du 23 juillet 2024, la demande de référé introduite par M. A le 17 septembre 2024 se borne à faire valoir que la décision du 23 juillet 2024 porte atteinte de manière directe à son projet professionnel futur. Toutefois, le tribunal n'ayant été saisi qu'à partir du 17 septembre 2024 soit cinquante-six jours après le prononcé de la mesure et seulement seize jours avant l'entretien disciplinaire fixé au 3 octobre, dans ces conditions, il ne saurait être sérieusement soutenu que la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 est satisfaite et ainsi la demande de suspension doit être rejetée par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A ne peut qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A.

Fait à Paris, le 8 octobre 2024.

Le juge des référés,

J.-F. B

La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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