LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2424825

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2424825

vendredi 9 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2424825
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6e Section - 2e Chambre
Avocat requérantVOGELGESANG

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par M. et Mme F..., agissant pour leurs enfants mineurs, d’un recours en excès de pouvoir contre une décision du préfet des Hauts-de-Seine du 9 août 2024 refusant la délivrance d’une carte nationale d’identité et d’un passeport. Le tribunal a joint les deux requêtes. Il a annulé cette décision au motif que le préfet ne pouvait refuser les titres en se fondant sur un doute quant à la nationalité française des enfants, dès lors que celle-ci était établie par filiation paternelle en application de l’article 18 du code civil. La solution retenue est fondée sur les dispositions des décrets n° 55-1397 du 22 octobre 1955 et n° 2005-1726 du 30 décembre 2005.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 16 septembre 2024, sous le n° 2424825, M. H... F... et Mme C... B... épouse F..., agissant en qualité de représentants légaux de leur fils mineur, G... F..., représentés par Me Vogelgesang, demandent au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 9 août 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de délivrer une carte nationale d’identité et un passeport à leur enfant D... E... F... ;

2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer une carte nationale d’identité et un passeport à leur enfant D... E... F... ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros à leur verser au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :
le préfet n’est pas en situation de compétence liée en matière de délivrance des titres d’identité, ainsi que l’a jugé le Conseil d’Etat dans son arrêt du 3 mars 2003 n° 242515 ;
leur enfant D... E... est français par filiation paternelle ;
la décision attaquée est entachée d’un défaut de base légale ;
elle méconnait les articles 4-1 du décret du 22 octobre 1955 et 5-1 du décret du 30 décembre 2005 car leur demande portait sur un renouvellement de carte nationale d’identité et de passeport et non sur une première demande, de sorte que la présentation de la carte d’identité périmée depuis moins de cinq ans était suffisante pour le renouvellement des titres d’identité ;
la négation de la qualité de français est de la compétence exclusive et imprescriptible du procureur de la République ;
le préfet a délivré une carte nationale d’identité et un passeport à leur fille ainée, sans qu’une différence de situation existe entre leurs enfants ;
la décision en litige est en tout état de cause entachée d’un défaut d’examen.


Par un mémoire en défense enregistré le 3 novembre 2025, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu’aucun des moyens de la requête n’est fondé.


Par une ordonnance du 4 novembre 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 8 décembre 2025.


Vu les autres pièces du dossier.



II. Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2024, sous le n° 2424855, M. H... F... et Mme C... B... épouse F..., agissant en qualité de représentants légaux de leur fille mineure, A... F..., représentés par Me Vogelgesang, demandent au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 9 août 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de délivrer une carte nationale d’identité et un passeport à leur enfant A... F... ;

2°) d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer une carte nationale d’identité et un passeport à leur enfant A... F... ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros à leur verser au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :
le préfet n’est pas en situation de compétence liée en matière de délivrance des titres d’identité, ainsi que l’a jugé le Conseil d’Etat dans son arrêt du 3 mars 2003 n° 242515 ;
leur enfant A... est française par filiation paternelle ;
la décision attaquée est entachée d’un défaut de base légale ;
la négation de la qualité de français est de la compétence exclusive et imprescriptible du procureur de la République ;
le préfet a délivré une carte nationale d’identité et un passeport à leur fille ainée, sans qu’une différence de situation existe entre leurs enfants ;
la décision en litige est en tout état de cause entachée d’un défaut d’examen.


Par un mémoire en défense enregistré le 3 novembre 2025, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu’aucun des moyens de la requête n’est fondé.
Par une ordonnance du 4 novembre 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 8 décembre 2025.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code civil,
le décret n° 55-1397 du 22 octobre 1955 instituant la carte nationale d’identité,
le décret n° 2005-1726 du 30 décembre 2005 relatif aux passeports,
le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.


Ont été entendus au cours de l’audience publique :
le rapport de Mme Lambert,
et les conclusions de M. Camguilhem, rapporteur public.


Considérant ce qui suit :

M. et Mme F... ont déposé le 3 juillet 2024 auprès des services de la préfecture des Hauts-de-Seine une demande de renouvellement de la carte d’identité et du passeport de leur enfant D... E... F..., né le 31 juillet 2009, et une demande de première délivrance d’une carte d’identité et d’un passeport pour leur fille A... F..., née le 4 août 2013. Par une décision du 9 août 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté leur demande. M. et Mme F... demandent au tribunal l’annulation de cette décision du 9 août 2024.


Sur la jonction :

Les requêtes nos 2424825 et 2424855 présentées par M. et Mme F... concernent la situation de mêmes requérants et ont fait l’objet d’une instruction commune. Par conséquent, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul et même jugement.


Sur les conclusions à fin d’annulation :

Aux termes de l’article 18 du code civil : « Est français l’enfant dont l’un des parents au moins est français. ».

En vertu de l’article 2 du décret du 22 octobre 1955 instituant une carte nationale d’identité et de l’article 4 du décret du 30 décembre 2005 relatif aux passeports, la carte nationale d’identité et le passeport sont délivrés, sans condition d’âge, à tout Français qui en fait la demande. Il résulte des dispositions du II de l’article 4 du décret du 22 octobre 1955 et du II de l’article 5 du décret du 30 décembre 2005 que la preuve de la nationalité française du demandeur peut être établie à partir de l'extrait d'acte de naissance portant en marge l'une des mentions prévues aux articles 28 et 28-1 du code civil ou, lorsque l'extrait d'acte de naissance ne suffit pas à établir la nationalité française du demandeur, par la production de l'une des pièces justificatives mentionnées aux articles 34 ou 52 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française, ou à défaut par la justification d’une possession d'état de Français de plus de dix ans ou, lorsque ne peut être produite aucune de ces pièces, par la production d'un certificat de nationalité française.

Pour l'application des dispositions règlementaires citées au point précédent, il appartient aux autorités administratives de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, que les pièces produites à l'appui d'une demande de passeport sont de nature à établir l'identité et la nationalité du demandeur. Seul un doute suffisant sur l'identité ou la nationalité de l'intéressé peut justifier le refus de délivrance ou de renouvellement de passeport ou d’une carte nationale d’identité. Le juge de l'excès de pouvoir exerce un contrôle normal sur la décision par laquelle l'autorité administrative refuse de délivrer ou de renouveler un passeport ou une carte nationale d’identité.

Pour refuser à M. et Mme F... la délivrance de passeports et de cartes d’identité pour leurs deux enfants mineurs, le préfet des Hauts-de-Seine s’est fondé sur l’unique circonstance « qu’il a été opposé à [leurs] enfants une décision de refus de délivrance de certificat de nationalité française par le tribunal d’instance de Rouen en date du 5 février 2015 ». En opposant cet unique motif à M. et Mme F..., le préfet des Hauts-de-Seine s’est considéré à tort en situation de compétence liée, alors qu’il lui revenait d’examiner l’ensemble de la situation des intéressés, ainsi que les pièces produites à l’appui de leur demande, avant de déterminer si un doute suffisant pouvait justifier en l’espèce le refus de délivrer les titres d’identité et de voyage demandés.

Il résulte de ce qui précède que, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, M. et Mme F... sont fondés à soutenir que la décision du préfet des Hauts-de-Seine du 9 août 2024 est entachée d’illégalité et doit être annulée.


Sur les conclusions à fin d’injonction :

Eu égard au motif d’annulation retenu, le présent jugement implique seulement que le préfet des Hauts-de-Seine procède au réexamen de la demande de M. et Mme F..., dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.


Sur les frais d’instance :

Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme demandée par les requérants, dans chacune des instances, sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


D E C I D E :


Article 1er : La décision du 9 août 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté la demande de M. et Mme F... tendant à la délivrance de cartes nationales d’identité et de passeports pour leurs deux enfants mineurs est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer la demande de M. et Mme F... dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. H... F..., à Mme C... B... épouse F..., au préfet des Hauts-de-Seine et au ministre de l’Intérieur.


Délibéré après l'audience du 12 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Marzoug, présidente,
Mme Lambert, première conseillère,
Mme Berland, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2026.


La rapporteure,




F. Lambert

La présidente,




S. MarzougLa greffière,




K. Bak-Piot


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions