lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2424928 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DE SEZE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 septembre 2024, M. B A, représenté par Me de Sèze, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer une carte de résident ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer, à titre principal, une carte de résident à titre provisoire ou, à titre subsidiaire, une attestation de prolongation d'instruction avec autorisation de travail dans un délai de dix jours et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à titre infiniment subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, Me de Sèze, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- la condition doit être regardée comme remplie dès lors qu'il se retrouve sans document permettant d'attester de sa régularité sur le territoire français depuis l'expiration de son attestation de prolongation d'instruction ;
- il ne dispose d'aucune ressource et se trouve dans une situation précaire et ne peut jouir des droits attachés à son statut de réfugié ;
- la décision n'étant pas assortie d'une mesure d'éloignement, les délais de jugement du tribunal au fond seront trop longs, alors qu'il ne peut se maintenir en situation irrégulière, avec d'insuffisantes ressources ;
Sur l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- la décision méconnait l'article L. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des articles 23 et 24 de la convention de Genève ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui délivrer la carte de résident sollicitée.
Par un mémoire, enregistré le 23 septembre 2024, M. A déclare se désister de ses conclusions à fin de suspension, mais maintient celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- la requête enregistrée sous le n°2424021 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension est demandée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rohmer, vice-président de la 1ère section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. Rohmer a présenté son rapport au cours de l'audience publique tenue le 30 septembre 2024.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 12 juillet 1999, ressortissant afghan, a été reconnu réfugié par une décision du 2 novembre 2023 de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Le 7 novembre 2023, M. A a déposé auprès de la préfecture de police une demande carte de résident en qualité de réfugié, qui est restée sans réponse. Par la requête susvisée, M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer une carte de résident.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Par un mémoire enregistré le 23 septembre 2024, M. A déclare se désister de ses conclusions à fin de suspension. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par M. A, dont il ne s'est pas expressément désisté, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
4. M. A a été provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État la somme demandée par M. A.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est donné acte du désistement de M. A de ses conclusions à fin de suspension.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre de l'intérieur et à Me Jean de Sèze.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 7 octobre 2024.
Le juge des référés,
B. ROHMER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./1