lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2425147 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | SCP D AVOCATS SAIDJI ET MOREAU |
Vu les procédures suivantes :
Par une requête enregistrée le 20 septembre 2024, Mme B A, représentée par Me Bellanger, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre, à titre principal, l'exécution de la décision de non-admission dans les formations de santé, en particulier en médecine, de la délibération du jury L.AS2/3 se prononçant sur l'admission des candidats et leur classement dans les formations de santé, en particulier en médecine et des décisions d'admission en deuxième année de médecine des étudiants prises en application de cette délibération ou, à titre subsidiaire, l'exécution de la décision par laquelle l'université Paris Cité l'a déclarée non-admise dans les formations de santé en particulier en filière médecine ou la délibération du jury L.AS, seulement en ce qu'elle a prononcé son ajournement dans la filière médecine ;
2°) d'enjoindre à l'université Paris Cité de statuer à nouveau sur sa situation dans un délai d'une semaine à compter de l'ordonnance à intervenir en réunissant le jury L.AS 2/3 afin qu'il procède à un nouvel interclassement, après avoir exclu les résultats de l'année n-1 qui ne se rapportent pas au concours de l'année 2023-2024, en l'occurrence les notes du PASS qu'elle a obtenues lors de l'année 2022-2023 et qu'il réexamine sa candidature dans les formations de santé, en particulier en médecine, sans prendre en compte les résultats aux épreuves du second groupe dont le déroulement est entaché d'irrégularité et, par suite, sur la seule base de ses résultats aux épreuves du premier groupe, ainsi constitutives de 100% de sa note finale ;
3°) de mettre à la charge de l'université Paris Cité une somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- elle doit être regardée comme remplie dès lors qu'elle a épuisé ses deux chances pour obtenir l'accès à une filière santé, en particulier en médecine, et alors qu'elle était 5ème sur la liste complémentaire pour être admise en médecine ;
- il s'est vu priver de tout espoir de carrière de cette filière, à raison d'une seule épreuve, ce qui est source de conséquences psychologiques pour elle et sa famille ;
- les capacités d'accueil maximales pour la filière médecine à l'université Paris Cité, qui sont en théorie 778 places par année, n'ont pas été atteintes au cours de l'année universitaire 2023-2024 et l'université n'a eu aucune difficulté pour réintégrer quelques étudiants chaque année notamment à la suite d'injonctions du tribunal ;
- le juge des référés dispose de la faculté de limiter les effets de sa décision au cas de l'étudiant requérant, de sorte que le réexamen de la candidature de cette dernière n'aurait pas d'incidence sur la situation des autres étudiants ;
Sur l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité des décisions :
- l'interclassement à l'issue du premier groupe d'épreuves est illégal dès lors que ses modalités ne sont pas suffisamment définies dans le " livret L.AS ", qui ne précise ni les matières, ni les coefficients, ni les ex-aequo, ni la situation des " ex-PASS " ; cette situation n'a pas permis aux étudiants de connaître les règles qui allaient être appliquées ;
- les modalités d'interclassement entre les différentes L.AS 2/3 ne permettent pas de sélectionner les meilleurs étudiants, dès lors que l'effectif pris en compte pour l'établissement des notes de rang diffère d'une année à l'autre et entre les L.AS et le PASS, ce qui introduit un biais de calcul dans les notes de rang définitives ; les notes des épreuves orales sont prépondérantes, au détriment des notes d'écrit et des résultats ; le système implique que des étudiants ayant des moyennes égales ont un classement différent ; les étudiants venus de PASS sont désavantagés par leur rang de 1ère année, forcément inférieur à celui des meilleurs étudiants d'une L.AS 1, du fait de l'admission des premiers étudiants de PASS classés en 2ème année de médecine ; ce mécanisme crée une différence de traitement illégale au regard du principe d'égalité de traitement, et remet en cause les mérites démontrés par les étudiants ;
- la prise en compte pour l'interclassement de l'effectif global de la licence, à partir des inscriptions administratives, prenant en compte les étudiants absents et défaillants, est de nature à fausser les résultats ; la comparaison entre des étudiants venus de L.AS différentes et ayant suivi des parcours différents en année n-1 est impossible ;
- en comparant des étudiants issus de L.AS différentes, l'interclassement est établi à partir de résultats qui sont acquis selon des modalités d'évaluation différentes dès lors que les étudiants sont classés à partir de matières différentes avec un total de coefficient différent, ce qui est de nature à créer une rupture d'égalité entre les candidats ;
- il est contradictoire de tenir compte des résultats de l'année précédente obtenus par les étudiants en L.AS 2 et 3 eu égard au nombre de chances limitées pour passer le concours ; cela revient à prendre en compte des notes étrangères aux épreuves du concours ; les dispositions de l'article R. 631-1-2 du code de l'éducation et de l'article 11 de l'arrêté du 4 novembre 2019 prévoient la prise en compte du " parcours de formation antérieur " de l'étudiant, ce qui se limite à l'année en cours ;
- l'université a insuffisamment défini le contenu des épreuves orales dans le règlement des modalités de contrôle des connaissances ; les connaissances et les compétences évaluées ne sont pas précisées, en méconnaissance des dispositions du II de l'article 12 de l'arrêté du 4 novembre 2019 relatif à l'accès aux formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie et de maïeutique et de l'article 12 de l'arrêté du 30 juillet 2018 relatif au diplôme national de licence, dès lors qu'il ressort du " livret L.AS " que si la nature, le nombre et la durée des épreuves sont précisées, rien n'est dit sur les compétences et les connaissances évaluées, privant les étudiants de la possibilité de savoir sur quoi ils allaient être évalués lors des épreuves orales qui comptent pour les deux-tiers de la note finale ;
- l'université n'a pas suffisamment préparé les étudiants aux épreuves orales, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 631-1-2 du code de l'éducation et du III de l'article 1 de l'arrêté du 4 novembre 2019, dès lors que cette préparation a principalement consisté en des documents au format numérique, accompagnés de 6 heures de cours, et qu'une préparation est également assurée par une association étudiante extérieure aux équipes pédagogiques de l'université ;
- l'université n'a pas respecté le délai de quinze jours entre la publication des résultats des épreuves du premier groupe et le début des épreuves du second groupe, prévu par le V° de l'article 11 de l'arrêté du 4 novembre 2019 ;
- en prévoyant que les sujets des épreuves orales peuvent ne pas porter sur le domaine de la santé, l'université a placé les examinateurs en situation de ne pas pouvoir vérifier les aptitudes des étudiants à suivre les études dans l'une des formations de santé et a ainsi méconnu les dispositions des articles L. 613-1, L. 631-1 et R. 613-1-2 du code de l'éducation et de l'article 12 de l'arrêté du 4 novembre 2019 ;
- la circonstance qu'à une même épreuve les sujets donnés ont porté, selon les étudiants, sur le domaine de la santé ou sur un tout autre domaine ne nécessitant aucune compétence particulière n'a pu que provoquer d'importantes disparités dont il résulte manifestement une rupture d'égalité entre les candidats et une atteinte à l'obligation de contrôle des connaissances ;
- il n'est pas établi que le nombre de sous-jurys ait été justifié au regard du nombre de candidats ;
- l'université ne justifie pas avoir, pour assurer l'égalité entre les candidats, procédé à une péréquation ou harmonisation des notes entre sous-jurys qui s'imposait du fait du nombre de sous-jurys et de la disparité des sujets ;
- l'université a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 631-1-2 du code de l'éducation et du III de l'article 12 de l'arrêté du 4 novembre 2019 en décidant que les oraux du second groupe d'épreuves représenteront les deux-tiers de la note finale, d'autant que ces deux oraux de 10 minutes chacun ne viennent sanctionner aucune connaissance ni aucune compétences enseignées au cours de l'année ; la pondération retenue dénature le système des grands admis mis en place par les dispositions de l'article R. 631-1-2 du code de l'éducation et l'article 11 de l'arrêté du 4 novembre 2019 ; le poids de l'oral pour la filière PASS a été porté à 50% de la note finale, contrairement à la pondération de deux-tiers maintenue en filière L.AS ; les dispositions de l'article R. 631-1-2 du code de l'éducation issues du décret n° 2024-747 du 5 juillet 2024, entrant en vigueur à compter de la rentrée universitaire 2024, limitent la pondération des épreuves orales de second groupe à 30 % ;
- en tout état de cause, les dispositions de l'article R. 631-1-2 du code de l'éducation renvoyant aux universités le soin de déterminer la pondération respective des deux groupes d'épreuves et les dispositions du I, du II et de la deuxième phrase du III de l'article 12 de l'arrêté du 4 novembre 2019 sont illégales, ce qui entache d'illégalité les décisions attaquées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2024, l'université Paris Cité, représentée par Me Moreau, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- elle ne peut être regardée comme remplie dès lors que l'impossibilité pour Mme A de s'inscrire en deuxième année de médecine n'est pas imputable à l'université et n'est que le résultat de l'application des règles fixées pour évaluer les prestations des étudiants ;
- l'échec de l'intéressée lors de ses deux tentatives ne l'empêche pas de poursuivre sa scolarité et travailler à terme dans le domaine médical ;
- dès lors que le nombre d'étudiants admis en deuxième année d'études de médecine fixé par l'Université Paris Cité est limitatif, la suspension de l'exécution de la décision de non-admission de Mme A et son éventuelle admission en filière médecine aurait nécessairement pour effet d'affecter la situation de tous les autres étudiants admis en deuxième année des études de santé ;
- en tout état de cause, la suspension et l'admission de l'intéressée en surnuméraire sur la base des seules notes écrites viendrait rompre le principe d'égalité entre les candidats et perturberait significativement l'organisation de la filière santé de l'Université ; l'injonction visant à réexaminer la candidature de l'intéressée sur la seule base des épreuves écrites et à la classer par rapport aux étudiants ayant réalisé les épreuves orales du second groupe, auxquelles est attribué un coefficient 2, aboutirait à la méconnaissance du principe d'égalité entre les candidats ;
- en outre, l'admission de l'intéressée en surnuméraire viendrait porter atteinte à la qualité de l'enseignement en médecine et entraînerait d'importantes répercussions sur la poursuite du cursus pour l'ensemble des étudiants ; l'admission en surnuméraire entraîne des répercussions sur le nombre d'étudiants présents aux cours magistraux et travaux pratiques ; eu égard aux manipulations de pièces anatomiques et du travail au sein du centre de simulation de santé sur des ordinateurs permettant une visualisation, le nombre d'étudiants inscrits a une conséquence sur les exigences de qualité du travail pratique ; enfin, le nombre d'étudiants admis aura des répercussions lors des périodes de stage et d'externat à l'hôpital dès lors que l'augmentation du nombre d'étudiants posera difficulté au regard du nombre d'étudiants simultanément présents dans les services qui est déjà sujet à des limites pour le bon fonctionnement du service public hospitalier ;
Sur l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité des décisions :
- dès lors que le juge des référés est le juge de l'évidence, aucun des moyens n'est, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige.
Vu :
- la requête enregistrée sous le n°2421627 tendant à l'annulation des décisions dont la suspension est demandée ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rohmer, vice-président de la 1ère section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 30 septembre 2024 :
- le rapport de M. Rohmer, au cours duquel les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que l'ordonnance à intervenir était susceptible d'être fondée sur le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin de suspension d'exécution de la décision par laquelle l'université Paris Cité a déclaré Mme A non-admise dans les formations de santé en particulier en filière médecine, de la délibération du jury L.AS, seulement en ce qu'elle a prononcé son ajournement dans la filière médecine, et de la décision de non-admission dans les formations de santé, dès lors que la délibération par laquelle le jury L.AS se prononce sur l'admission des étudiants en deuxième année du premier cycle des études de santé est indivisible ;
- les observations de Me Cortes, se substituant à Me Bellanger, représentant Mme A, qui persiste dans ses conclusions et moyens ;
- et les observations de Me Ben Hamouda, se substituant à Me Moreau, représentant l'université Paris Cité qui reprend ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, inscrite en deuxième année de L.AS 2 Sciences Biomédicales au titre de l'année universitaire 2023-2024 a été déclaré admissible à l'issue des épreuves de premier groupe des licences accès santé. A l'issue des épreuves de second groupe, elle a cependant été déclarée ajournée, en particulier dans la filière médecine. Par la requête susvisée, Mme A demande la suspension à titre principal de la décision de non-admission dans les formations de santé, en particulier en médecine, de la délibération du jury L.AS2/3 se prononçant sur l'admission des candidats et leur classement dans les formations de santé, en particulier en médecine et des décisions d'admission en deuxième année de médecine des étudiants prises en application de cette délibération ou, à titre subsidiaire, seulement de la décision par laquelle l'université Paris Cité l'a déclarée non-admise dans les formations de santé, en particulier en filière médecine, ou la délibération du jury L.AS seulement en ce qu'elle a prononcé son ajournement dans la filière médecine.
Sur les conclusions à fin de suspension de l'exécution de la décision par laquelle l'université Paris Cité l'a déclaré non-admis, de la délibération du jury L.AS seulement en ce qu'elle a prononcé son ajournement et de la décision de non-admission dans les formations de santé :
2. L'article 1er de la loi du 24 juillet 2019 relative à l'organisation et à la transformation du système de santé a modifié les dispositions relatives à l'accès aux formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie et de maïeutique et notamment prévu que le nombre d'étudiants pouvant poursuivre en deuxième année du premier cycle de ces formations serait désormais déterminé annuellement par les universités en fonction de leurs capacités d'accueil et des besoins en santé du territoire. Il a, en particulier, prévu au I de l'article L. 631-1 du code de l'éducation que " l'admission en deuxième () année du premier cycle des formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie et de maïeutique est subordonnée à la validation d'un parcours de formation antérieur dans l'enseignement supérieur et à la réussite à des épreuves, qui sont déterminées par décret en Conseil d'Etat. / () Ces modalités d'admission garantissent la diversité des parcours des étudiants. () ". Aux termes de l'article R. 631-1-2 du code de l'éducation : " L'admission en deuxième ou en troisième année du premier cycle des formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie ou de maïeutique, au titre des dispositions du I de l'article R. 631-1, est subordonnée à la réussite à des épreuves organisées selon les deux groupes () [d'épreuves] (). (). Le jury établit pour l'admission dans les formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie ou de maïeutique, par ordre de mérite, une liste principale et le cas échéant, une liste complémentaire, pour le cas où des vacances viendraient à se produire sur la liste principale. L'université organisatrice assure la publicité des listes principale et complémentaire d'admission, pour chacune des formations par voie électronique sur son site internet. / Les étudiants sont admis conformément aux capacités d'accueil fixées par l'université en fonction de leur parcours ou groupe de parcours de formation antérieur. () ".
3. Ainsi qu'il a été dit au point 1, Mme A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de décision par laquelle l'université Paris Cité l'a déclaré non-admis dans les formations de santé, de la délibération du jury L.AS seulement en ce qu'elle a prononcé son ajournement et de la décision de non-admission dans les formations de santé. Toutefois, il résulte des dispositions citées au point 2 que les capacités d'accueil en deuxième année du premier cycle des études de santé sont limitativement arrêtées par parcours ou groupe de parcours, ce dont il s'ensuit que la délibération par laquelle le jury L.AS de l'établissement Paris Cité s'est prononcé sur l'admission des étudiants en deuxième année du premier cycle des études de santé est indivisible. Par suite, les conclusions présentées à fin de suspension de l'exécution de cette délibération en tant seulement qu'elle l'a ajourné, de la décision par laquelle l'université Paris Cité l'a déclaré non admis et de la décision de non-admission dans les formations de santé sont irrecevables et ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin de suspension de l'exécution de la délibération du jury L.AS 2/3 se prononçant sur l'admission des candidats et leur classement dans les formations de santé et des décisions d'admission en deuxième année de médecine des étudiants prises en application de cette délibération :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, en prenant également en compte l'intérêt public et notamment les contraintes de l'université et la situation des autres étudiants.
6. S'il est constant que l'exécution de la délibération du jury L.AS 2/3 par laquelle Mme A a été déclarée non-admise en deuxième année d'études de médecine lui interdit de s'inscrire dans cette formation et la prive ainsi, compte tenu de son parcours, d'une chance sérieuse de poursuivre des études de médecine, il ressort cependant des pièces du dossier, que la suspension de la délibération du jury L.AS 2/3 de l'université Paris Cité se prononçant sur l'admission des candidats et leur classement dans les formations de santé, en particulier en médecine aurait pour effet, d'une part, de remettre en cause les décisions d'admission déjà notifiées aux étudiants et qui vont commencer à suivre les enseignements de la deuxième année des études de santé et, d'autre part, de rendre nécessaire l'organisation de nouvelles épreuves orales et l'établissement d'un nouveau classement, ce qui perturberait significativement l'organisation de la filière santé de l'université Paris Cité. Par suite, l'intérêt public s'oppose à ce que soit ordonnée la suspension de l'exécution des décisions contestées. Dans ces conditions, la condition d'urgence requise par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées, la demande de suspension dirigée contre ces décisions doit être rejetée, ainsi que ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions présentées par l'université Paris Cité au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par l'université Paris Cité.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'université Paris Cité sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à l'université Paris Cité.
Fait à Paris, le 7 octobre 2024.
Le juge des référés,
B. ROHMER
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./1