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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2425151

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2425151

lundi 14 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2425151
TypeDécision
Avocat requérantVI VAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Vi Van, demande au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police de Paris a refusé de lui délivrer une carte de résident en qualité de réfugié ;

3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la même échéance, une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou, à défaut, si la demande d'aide juridictionnelle est rejetée définitivement, à lui verser personnellement sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'urgence :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il bénéficie de la protection internationale mais ne dispose plus d'aucun document permettant de justifier de la régularité de sa situation en France depuis le 7 septembre 2024, l'exposant ainsi à une mesure d'éloignement et de placement en centre de rétention administrative ;

- la décision le place dans une situation de grande précarité financière, les prestations sociales dont il bénéficie risquant d'être interrompues faute pour lui de justifier de la régularité de son séjour.

En ce qui concerne le moyen propre, à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision :

- la décision méconnaît les dispositions des articles L. 424-1 et R. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la qualité de réfugié lui a été reconnu par une décision du 3 octobre 2023 de la Cour nationale du droit d'asile et qu'il a déposé sa demande de carte de résident le 17 octobre 2023 ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2024, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la demande de titre de séjour de M. B est toujours en cours d'instruction et que la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors qu'une attestation de prolongation de l'instruction valable jusqu'au 29 mars 2025 lui a été délivrée le 30 septembre 2024.

Par un mémoire, enregistré le 1er octobre 2024, présenté pour M. A B, ce dernier maintient ses conclusions relatives à l'aide juridictionnelle provisoire et au frais de l'instance.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2425152 enregistrée le 20 septembre 2024 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 3 octobre 2024 en présence de Mme Maurice, greffière d'audience, M. C a lu son rapport.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. La qualité de réfugié a été reconnue à M. B, de nationalité bangladaise, par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 3 octobre 2023. Il a déposé une demande de titre de séjour le 17 octobre 2023 sur le fondement des dispositions de l'article L. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et lui a été remise une attestation de prolongation d'instruction de sa demande valable jusqu'au 16 avril 2024 laquelle a été renouvelée pour la période du 7 juin 2024 au 6 septembre 2024. Par la présente requête, M. B, dépourvu de tout titre attestant la régularité de son séjour depuis le 7 septembre dernier, demande la suspension de l'exécution de la décision implicite, née du silence conservé par le préfet de police pendant plus de quatre mois sur sa demande de délivrance de carte de résident en qualité de réfugié.

Sur la demande tendant au bénéfice de l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Le préfet de police fait valoir, sans être contredit, que, postérieurement à l'introduction de la requête, M. B, dans le cadre de l'instruction toujours en cours de sa demande de titre de séjour, a été destinataire le 30 septembre 2024, via son compte ANEF, d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 29 mars 2025, qui lui permet de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français et d'y travailler conformément aux dispositions de l'article R. 431-15-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'ensuit que les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête de M. B, doivent être regardées, en l'état de l'instruction, comme ayant perdu leur objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Vi Van renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Vi Van d'une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. En cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle, cette somme sera versée à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête de M. B.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Vi Van renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'ide juridique, l'Etat versera à Me Vi Van la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. En cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée personnellement à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au préfet de police et à Me Vi Van.

Copie sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.

Fait à Paris, le 14 octobre 2024.

Le juge des référés,

J.-F. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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