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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2425658

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2425658

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2425658
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantCABINET ACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par une ressortissante algérienne d’une demande de suspension d’une décision implicite de refus de délivrance d’un certificat de résidence, fondée sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative. La requérante s’est désistée de ses conclusions en suspension, injonction et astreinte, désistement auquel le tribunal a donné acte. En revanche, l’État a été condamné à lui verser 800 euros au titre des frais de justice (article L. 761-1 du code de justice administrative).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Meurou, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite du 6 juillet 2024 par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer un certificat de résidence jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur l'urgence :

- l'urgence est établie dès lors qu'elle est présente à titre régulier sur le territoire depuis l'âge de neuf ans et que son employeur lui a signifié qu'il ne serait pas possible de poursuivre la relation de travail sans titre de séjour.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- la décision est signée par une autorité incompétente ;

- elle n'est pas motivée ;

- elle méconnaît les stipulations du e) du 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 septembre 1968.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2024, le préfet de police, représenté par la SELARL Actis Avocats, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'aucun moyen n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.

Par un mémoire enregistré le 7 octobre 2024, Mme B déclare se désister de ses conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte, mais maintient ses conclusions tendant au versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lahary, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Au cours de l'audience publique, tenue le 7 octobre 2024 en présence de Mme Tardy-Panit, greffière d'audience, M. Lahary a lu son rapport et entendu les observations de Me Capuano, avocat du préfet de police.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante algérienne, est entrée en France en 2014 selon ses déclarations. Le 22 juin 2023 puis le 6 mars 2024, l'intéressée a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement des stipulations du e) du 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 septembre 1968. Le silence de l'administration pendant une durée de quatre mois a fait naître une décision implicite de rejet le 6 juillet 2024. Mme B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision de cette décision.

Sur les conclusions en suspension, en injonction et en astreinte :

2. Par acte du 7 octobre 2024, Mme B se désiste de ses conclusions à fin de suspension, d'injonction et d'astreinte. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les frais liés au litige :

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à Mme B d'une somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions en suspension, en injonction et en astreinte de Mme B.

Article 2 : L'État versera à Mme B une somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 9 octobre 2024.

Le juge des référés,

T. LAHARY

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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