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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2425702

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2425702

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2425702
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantMICHEL-BECHET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2024, M. C B, représenté par Me Michel-Bechet, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de lui renouveler son attestation de prolongation d'instruction et de lui délivrer une carte de résident en qualité de réfugié à la suite de sa demande enregistrée le 12 mars 2024, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre au préfet de police ou au préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de sa demande, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction valant autorisation de travail, dans un délai de 24 heures, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à verser à Me Michel-Béchet, ce conseil renonçant le cas échéant à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle ; dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant par le bureau d'aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2024, le préfet de police conclut rejet de la requête.

Il soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors qu'à la date à laquelle le juge statue M. B a été mis en possession, le 1er octobre 2024, via son compte Anef, d'une nouvelle attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 31 mars 2025 qui lui permet de justifier de la régularité de son séjour sur le sol français et d'y travailler.

Par un mémoire, enregistré le 7 octobre 2024, M. C B, représenté par Me Michel-Bechet, se désiste de ses conclusions en suspension et maintient ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le numéro 2425703 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Mme A a lu son rapport au cours de l'audience publique tenue le 8 octobre 2024, en présence de Mme Fleury, greffière d'audience..

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, de nationalité ivoirienne, né le 30 décembre 1984, s'est vu reconnaître la qualité de réfugié par une décision de L'Office Français des Réfugiés et Apatrides du 1er mars 2023. M. B a déposé, le 12 mars 2024, une demande de carte de résident en qualité de réfugié et s'est vu délivrer une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 11 septembre 2024. Après avoir vainement tenté d'obtenir le renouvellement de cette attestation, le requérant, qui fait valoir que le silence gardé par le préfet de police sur sa demande de carte de résident a fait naître une décision implicite de rejet, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision implicite.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, l'admission de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur la demande au titre de l'article L.521-1 du code de justice administrative :

3. Par un acte, enregistré au greffe le 7 octobre 2024, M. C B, représenté par Me Michel-Bechet s'est désisté de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les frais liés à l'instance :

4. Il résulte de ce qui a été dit au point 2 que M. B est provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Michel-Béchet, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Michel-Béchet de la somme de 800 euros. Dans le cas où M. B ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête de M. B.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Michel-Béchet renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Michel-Béchet la somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Cette somme sera versée directement à M. B en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à Me Michel-Béchet et au ministre de l'intérieur.

Copie sera adressée au préfet de police et au bureau d'aide juridictionnelle.

Fait à Paris, le 9 octobre 2024 .

La juge des référés,

J. EVGENAS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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