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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2425804

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2425804

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2425804
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantCABINET ACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande de suspension présentée par Mme A, qui contestait le refus implicite de renouvellement de son titre de séjour. La juridiction a relevé que le préfet de police avait pris un arrêté de refus de séjour et d’obligation de quitter le territoire, notifié le 1er août 2024 à l’adresse indiquée par la requérante, et que celle-ci n’avait pas justifié d’un changement d’adresse auprès de l’administration. En conséquence, la requête au fond était tardive et irrecevable, ce qui entraînait le rejet de la demande de suspension fondée sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2024, Mme C A, représentée par Me Ottou, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour pluriannuel " vie privée et familiale " à la suite de sa demande du 4 mai 2023, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre au préfet de police ou au préfet territorialement compétent de réexaminer sa demande, de lui fixer un rendez-vous et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance de référé, sous astreinte de 100 euros par jour de retard';

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à verser à Me Ottou, ce conseil renonçant le cas échéant à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle ; dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à la requérante par le bureau d'aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur l'urgence :

-s'agissant d'un refus de renouvellement de titre de séjour, l'urgence est présumée ; par ailleurs, depuis l'expiration de son récépissé le 15 juillet 2024, elle se trouve dans l'impossibilité de justifier de la régularité de son séjour en France, malgré sa maladie et ses allocations CAF ont été suspendues alors qu'elle a un enfant âgé d'un an à sa charge exclusive ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

-elle a été prise par une autorité incompétente ;

-elle n'est pas motivée alors que les motifs de la décision ont été sollicités par courrier du 26 septembre 2024 ;

-elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux ;

-elle est entachée d'un défaut de base légale ;

-l'article L.425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été méconnu et la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- le refus de titre de séjour implicite attaqué constitue une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale et méconnait ainsi l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-la décision attaquée méconnait l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 octobre 2024, le préfet de police, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la requête au fond est tardive et donc irrecevable.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête, enregistrée le 26 septembre 2024, sous le numéro 2425805, par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 8 octobre 2024, en présence de Mme Fleury, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Ottou, pour Mme A qui fait valoir que la requérante a eu des difficultés pour enregistrer un changement d'adresse auprès du site de la préfecture ;

- et les observations de Me Rahmouni pour le préfet de police qui fait valoir que la requête au fond étant irrecevable, elle entraine le rejet de la requête en suspension.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour pluriannuel " vie privée et familiale " à la suite de sa demande du 4 mai 2023.

2. Aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision ".

3. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de la demande de Mme A du 4 mai 2023, le préfet de police a pris un arrêté en date du 24 juillet 2024 refusant le renouvellement de son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Cet arrêté a été notifié le 1er août 2024 sous pli recommandé à l'adresse indiquée par Mme A aux services de la préfecture, soit au " 32 rue Championnet - Chez CHU Championnet - 75018 PARIS " et n'ayant pu être remis à Mme A, il est retourné en préfecture après mise en instance du pli recommandé au bureau de poste comme l'attestent l'accusé de réception indiquant " pli présenté - avisé le 1er août 2024 " ainsi que l'enveloppe de retour en préfecture portant la mention " pli avisé et non réclamé ". Si la requérante fait valoir qu'elle avait changé d'adresse, il ressort des pièces du dossier qu'elle n'a avisé la préfecture d'aucun changement d'adresse et que son courrier du 1er août 2024 adressé au préfet de police comporte toujours son ancienne adresse au 32 rue Championnet 75018 Paris. Dans ces conditions, la requête en annulation de la décision contestée qui a été enregistrée sous le numéro 2425805, le 26 septembre 2024, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux qui a commencé à courir à compter de la date du 1er août 2024, et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une demande d'aide juridictionnelle aurait été déposée dans ce délai, est donc tardive. Par voie de conséquence, la présente requête, introduite sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, est irrecevable. Dès lors, la fin de non-recevoir soulevée par le préfet de police doit être accueillie.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée dans toutes ses conclusions y compris ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A, à Me Ottou et au ministre de l'intérieur.

Copie sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 10 octobre 2024 .

La juge des référés,

J. EVGENAS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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