LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2426304

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2426304

lundi 28 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2426304
TypeDécision
Avocat requérantCABINET D4 AVOCATS ASSOCIES (SELARL)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi en référé-suspension (article L. 521-1 du code de justice administrative) par la société "Ze Bourgeoiz" pour contester le refus du Centre national de la musique (CNM) de lui accorder une aide financière de 75 000 euros. Le juge a rejeté la requête, estimant que la condition d'urgence n'était pas remplie, la société ayant saisi le tribunal deux mois après le rejet de son recours gracieux sans justifier de l'immédiateté des impacts allégués. Aucun des moyens soulevés (incompétence, vice de procédure, erreur de droit, rupture d'égalité, erreur manifeste d'appréciation) n'a été examiné au fond, la demande étant rejetée sur le seul terrain de l'urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 1er octobre 2024 et le 16 octobre 2024, la société par actions simplifiée à associé unique " Ze Bourgeoiz ", représentée par Me Ravestein, demande au juge des référés saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de la décision du 24 juin 2024 par laquelle le centre national de la musique (CNM) a refusé de lui accorder l'aide financière qu'elle sollicitait à hauteur de 75 000 euros, ensemble la décision du 18 juillet 2024 de la même autorité rejetant son recours gracieux du 4 juillet 2024 contre cette décision ;

2°) d'enjoindre au CNM à titre principal de lui allouer provisoirement l'aide financière sollicitée pour un montant de 75 000 euros dans un délai de 10 jours à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande d'aide financière dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge du CNM une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'urgence :

- la condition d'urgence est satisfaite eu égard à la nature même de l'aide sollicitée et à ses conditions d'octroi puisqu'elle vise à financer la préproduction de spectacles qui sont déjà en cours d'exploitation, déjà définis économiquement compte tenu de l'aide du CNM, et qui sont produits à très court terme entre l'attribution de l'aide sollicitée et les dates de représentations ;

- les premières représentations du spectacle, à commencer par celle prévue le 21 novembre 2024 en " full band ", interviendront avant que le tribunal n'ait statué au fond sur la légalité du refus d'aide financière par le CNM ;

- la décision de refus du CNM impose à la société requérante de modifier entièrement son projet sur les plans artistique, financier, de la diffusion, de la communication et de l'agenda des représentations ; elle est notamment contrainte de diminuer de 46% la rémunération prévue pour les artistes et techniciens, de réduire le nombre de contrats d'embauche prévus de 110 contrats pour 17 concerts à 92 contrats pour 18 concerts, de renoncer à réserver des grandes salles au profit de réservations plus nombreuses de salles plus petites ce qui diminue ses marges, nécessite un surcroît d'activité pour les équipes et entraîne des risques de baisse de billetterie ; la décision contestée empêche la société de conclure le contrat à durée indéterminée à plein temps de " chargé de production de tournée " nécessaire pour répondre à ses besoins en matière de communication et de promotion et préjudicie fortement à la qualité artistique du projet ;

En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :

- les décisions contestées sont entachées d'incompétence ;

- la décision du 18 juillet 2024 prise sur son recours gracieux formé le 4 juillet 2024 est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle a été prise par la même autorité que celle qui a pris la décision initiale et que l'examen des recours gracieux par le président du CNM constituait une garantie ;

- la décision du 24 juin 2024 est entachée d'un vice de procédure car le CNM n'a pas produit les procès-verbaux des commission du 18 juin 2024 et du 18 avril 2024 et n'apporte ainsi pas la preuve qu'elles se sont régulièrement tenues ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le CNM s'est estimé lié par l'avis de la commission ;

- elle est entachée d'une rupture d'égalité dès lors que le dossier présenté par la société requérante pour l'artiste " Mathilde " a fait l'objet d'une appréciation différente de ceux d'autres artistes placés dans une situation similaire ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la cohérence et de la lisibilité économique du projet et de la stratégie de diffusion du spectacle.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 octobre 2024, le centre national de la musique, représenté par la SELARL D4 avocats associés, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la condition d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie dès lors qu'en saisissant le tribunal deux mois après le rejet de son recours gracieux, la société requérante s'est elle-même placée dans la situation d'urgence qu'elle invoque, et que d'autre part, elle ne justifie ni de la réalité ni de l'immédiateté des impacts qu'elle invoque sur la production de la tournée ;

- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- la requête au fond enregistrée sous le n° 2425025 par laquelle la requérante demande l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement général des aides du centre national de la musique du 12 juin 2021 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, tenue le 16 octobre en présence de Mme Chakelian, greffière d'audience, M. A a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Ravestein qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;

- les observations de Me Burel pour la SELARL D4 Avocats Associés, avocat du centre national de la musique qui conclut au rejet de la requête en l'absence de moyen de nature à créer un doute sérieux en l'état de l'instruction.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience

Une note en délibéré a été enregistrée le 17 octobre 2024 pour la SASU " Ze Bourgeoiz ".

Considérant ce qui suit :

1. La société par actions simplifiée à associé unique " Ze Bourgeoiz " exerce des activités d'accompagnement artistique en matière de production, de programmation et d'organisation d'évènements culturels et artistiques, notamment musicaux. Elle a sollicité dans ce cadre une aide de 75 000 euros auprès du centre national de la musique afin de financer la production de la tournée de l'artiste " Mathilde ". Par une décision du 24 juin 2024, le centre national de la musique (CNM) a refusé de lui accorder l'aide financière sollicitée. Cette décision a été confirmée par le rejet de son recours gracieux formé le 4 juillet 2024, par une décision du 18 juillet 2024. Par la présente requête, la SASU " Ze Bourgeoiz " demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de ces décisions.

Sur l'exception d'incompétence territoriale du tribunal administratif de Paris :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article R. 522-8-1 du même code prévoit que, par dérogation aux dispositions du titre V du livre III relatif au règlement des questions de compétence au sein de la juridiction administrative, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance.

3. Aux termes de l'article R. 312-10 du code de justice administrative : " Les litiges relatifs aux législations régissant les activités professionnelles, notamment les professions libérales, les activités agricoles, commerciales et industrielles, la réglementation des prix, la réglementation du travail, ainsi que la protection ou la représentation des salariés, ceux concernant les sanctions administratives intervenues en application de ces législations relèvent, lorsque la décision attaquée n'a pas un caractère réglementaire, de la compétence du tribunal administratif dans le ressort duquel se trouve soit l'établissement ou l'exploitation dont l'activité est à l'origine du litige, soit le lieu d'exercice de la profession. () ". Aux termes de l'article R. 221-3 du même code : " Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : /()/ Marseille : Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Bouches-du-Rhône ; / () ".

4. Il est constant que la société " Ze Bourgeoiz " a son siège au 15 rue du Bosquet à Marseille, dans le département des Bouches-du-Rhône. Par suite, en application des dispositions de l'article R. 312-10 du code de justice administrative, sa requête relève de la compétence du tribunal administratif de Marseille. En application des dispositions des articles R. 312-10 et R. 221-3 du code de justice administrative précitées, la requête de la SASU " Ze Bourgeoiz " doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la SASU " Ze Bourgeoiz " est rejetée comme portée devant une juridiction territorialement incompétente pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SASU " Ze Bourgeoiz " et au centre national de la musique.

Fait à Paris, le 28 octobre 2024.

Le juge des référés,

L. A

La République mande et ordonne à la ministre de la culture en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2426304

← Retour aux décisions