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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2426429

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2426429

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2426429
TypeDécision
Avocat requérantANGLIVIEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 octobre 2024, Mme B A, représentée par

Me Angliviel, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article

L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite, née le

24 septembre 2024, par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer une carte de résident, en sa qualité de parent d'enfant mineur ayant le statut de réfugié, au titre de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

3°) d'enjoindre au préfet de police à titre principal de lui délivrer une carte de résident à titre provisoire, dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir, et dans cette attente, de lui délivrer un récépissé de demande de délivrance d'une carte de résident l'autorisant à travailler, dans un délai de sept jours à compter de l'ordonnance à intervenir, et à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de sept jours à compter de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer un récépissé de demande de délivrance d'une carte de résident avec autorisation de travail ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

Sur l'urgence :

- l'urgence est remplie dès lors qu'elle se trouve en situation irrégulière alors qu'elle se trouvait en situation régulière depuis le mois de janvier 2021, qu'elle a perdu le bénéfice des allocations familiales et du RSA, qu'elle n'a plus de ressource, qu'elle risque de perdre son logement et enfin qu'elle est exposée à un placement en retenue.

Sur l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :

- le préfet a méconnu les articles L. 421-1 et L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'en l'absence de dépôt d'un dossier complet, la requérante ne peut se prévaloir de l'existence d'une décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour, ni d'une situation d'urgence, dès lors qu'elle a été munie d'une attestation de prolongation d'instruction valable du 7 octobre 2024 au 6 janvier 2025.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

- la requête n° 2426428 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Perrin pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendu, au cours de l'audience publique tenue le 10 octobre 2024 à 9h30, en présence de Mme Labbaci, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Perrin ;

- Me Angliviel, avocate de Mme A, qui indique se désister de ses conclusions à fin de suspension, d'injonction et d'astreinte, mais maintenir ses conclusions au titre des frais d'instance ;

- le préfet de police n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante guinéenne, née le 1er janvier 1996, a été munie d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention vie privée et familiale qui a expiré le 6 juin 2024. Deux de ses filles ayant obtenu le statut de réfugié le 25 septembre 2023, la requérante a sollicité, le 24 mai 2024, une carte de résident en sa qualité de parent d'un enfant mineur ayant le statut de réfugié, via la plateforme numérique de l'ANEF. Le silence de quatre mois gardé par l'administration a fait naître une décision implicite de rejet en application des dispositions de l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la requête susvisée, Mme A demande la suspension de l'exécution de cette décision sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

4. Lors de l'audience du 10 octobre 2024, Mme A déclare se désister des conclusions de sa requête aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Angliviel, avocate de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement, à Me Angliviel, de la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A, par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée au titre des frais d'instance à Mme A.

O R D O N N E :

Article 1 : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte de Mme A.

Article 2 : Sous réserve que Me Angliviel, avocate de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, l'Etat versera à Me Angliviel la somme de 800 euros aux titres des frais d'instance. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A, par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée au titre des frais d'instance à

Mme A.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à Me Angliviel et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 10 octobre 2024.

La juge des référés,

A. Perrin

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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