vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2426476 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | GOEAU-BRISSONNIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 octobre 2024, M. B A, représenté par
Me Goeau-Brissonniere, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de modifier l'injonction qu'il a prononcée par l'ordonnance n° 2420872/1, en enjoignant au préfet de police de Paris de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, qui devra être renouvelé jusqu'à ce que le préfet se soit prononcé sur la demande de titre de séjour, dans un délai de cinq jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que le délai de quinze jours donné par le juge des référés au préfet de police de Paris pour lui délivrer le récépissé prévu par l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est expiré et que par conséquent, le préfet de police n'a pas exécuté l'ordonnance n° 2420872/1 du 8 août 2024, ce qui constitue un élément nouveau justifiant le prononcé d'une astreinte.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2024, le préfet de police de Paris conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'injonction à statuer et au rejet des conclusions relatives aux frais d'instance.
Il fait valoir que M. A est convoqué à la préfecture le 10 octobre 2024 en vue de la délivrance d'un récépissé l'autorisant à travailler.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n° 2420872/1 du 8 août 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Paris ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme le Roux, vice-présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Pallany, greffière d'audience, Mme le Roux a lu son rapport.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré présentée par M. A a été enregistrée le 11 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Il y a lieu, eu égard aux délais dans lesquels le juge des référés doit statuer, de prononcer l'admission de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".
3. Postérieurement à l'introduction de l'instance, le préfet de police de Paris a adressé une convocation à M. A afin qu'il se présente à la préfecture de police le 10 octobre 2024 à 9 heures pour lui remettre un récépissé l'autorisant à travailler. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte sont devenues sans objet.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions susvisées.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte de la requête de M. A.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre de l'intérieur et à Me Goeau-Brissonniere.
Copie en sera adressée au préfet de police de Paris.
Fait à Paris, le 11 octobre 2024.
La juge des référés,
M.-O. LE ROUX
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.