vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2426497 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DE SEZE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 octobre 2024, M. C A, représenté par
Me de Sèze, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police de Paris a implicitement refusé de renouveler sa carte de résident ;
3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer à titre provisoire une carte de résident dans le délai d'un mois suivant la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa demande et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction avec autorisation de travail ou un récépissé l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est d'une part présumée dès lors qu'il s'agit d'une décision de refus de renouvellement et, d'autre part caractérisée, dès lors que son contrat d'apprentissage a été suspendu par son employeur ce qui compromet l'obtention de son certificat professionnel et le place dans une situation d'angoisse psychologique ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors qu'elle méconnaît les dispositions de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et qu'elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2024, le préfet de police conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête de M. A et à titre subsidiaire au rejet de ses conclusions pour défaut d'urgence.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que le dossier qu'il a déposé le 7 janvier 2024 afin de procéder à l'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour n'était pas complet et n'a fait naître aucune décision implicite de rejet contre laquelle M. A pourrait former un recours, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que cette incomplétude n'a été constatée que le 24 juin 2024 ;
- M. A n'est pas fondé à se prévaloir d'une situation d'urgence dès lors qu'il a été mis en possession, via son compte ANEF, d'une attestation de prolongation d'instruction valable du
7 octobre 2024 au 6 janvier 2025 le maintenant dans l'ensemble des droits attachés à sa carte de séjour pluriannuelle.
Par un acte, enregistré le 10 octobre 2024, M. A déclare se désister de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction mais maintenir ses conclusions sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2416699 enregistrée le 20 juin 2024 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif a désigné M. B comme juge des référés sur le fondement de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Lors de l'audience publique s'étant tenue le 10 octobre 2024 à 14h30 en présence de
Mme Labbaci, greffière d'audience, le rapport de M. B a été entendu, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique du
10 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 22 février 1994, a bénéficié d'une carte de résident en qualité d'enfant d'un parent reconnu réfugié sur le fondement de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile valable du 13 février 2014 au
12 février 2024 dont il a sollicité le renouvellement le 7 janvier 2024. M. A a introduit le
20 juin 2014 un référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative tendant à la suspension de la décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de carte de résident, recours duquel il s'est partiellement désisté après qu'il s'est vu remettre, le
24 juin, une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 23 septembre 2024.
Cette autorisation de prolongation d'instruction n'avait pas été renouvelée malgré la demande effectuée par l'avocat de M. A le 3 septembre 2024. Par la présente requête, M. A demande la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement refusé de renouveler sa carte de résident.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
4. Par un acte, enregistré le 10 octobre 2024, M. A déclare se désister de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction. Ce désistement est pur et simple et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au bénéfice de Me de Sèze en application de l'article 37 de la loi du
10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ou au bénéfice de M. A en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative dans le cas où ce dernier ne serait pas admis définitivement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions de la requête de M. A aux fins de suspension de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement refusé de renouveler son titre de séjour, et d'injonction sous astreinte.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à Me de Sèze en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ou au bénéfice de M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans le cas où celui-ci ne serait pas admis définitivement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Me Sèze et au préfet de police.
Fait à Paris, le 11 octobre 2024.
Le juge des référés,
L. B
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.