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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2426570

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2426570

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2426570
TypeOrdonnance
Avocat requérantCABINET ACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, était saisi par M. B, ressortissant algérien, afin d'obtenir une autorisation provisoire de séjour en raison d'un retard dans le renouvellement de son certificat de résident. Le juge a constaté que, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de police avait convoqué l'intéressé pour lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler, rendant ainsi les conclusions en injonction sans objet. En conséquence, il a prononcé un non-lieu à statuer sur ces conclusions et a condamné l'État à verser 800 euros à M. B au titre des frais de justice, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Ottou, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de police de le convoquer pour lui remettre une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de la délivrance de son certificat de résident dans un délai de quarante-huit heures, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est présumée s'agissant d'un renouvellement de titre de séjour et que son employeur menace de suspendre son contrat de travail s'il n'est pas en mesure de justifier de la régularité de son séjour avant le 11 octobre 2024 ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et de venir, à sa liberté de travailler ainsi qu'à son droit au respect de la vie privée et familiale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2024, le préfet de police, représenté par le cabinet Actis, conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ho Si Fat, président de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, tenue le 7 octobre 2024 en présence de Mme Poulain, greffière d'audience, M. Ho Si Fat a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Ottou, avocate de M. B ;

- et les observations de Me Capuano, avocate du préfet de police.

A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien entré en France, selon ses déclarations, en octobre 1994, s'est vu délivrer un certificat de résidence algérien, régulièrement renouvelé jusqu'au 28 juin 2023. Le même jour, un récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour a été délivré à l'intéressé par le préfet de police, valable jusqu'au 9 janvier 2024, puis un deuxième récépissé valable jusqu'au 6 septembre 2024. N'étant pas parvenu à obtenir un nouveau titre de séjour l'autorisant à séjourner et à travailler sur le territoire français, M. B saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative aux fins d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de la délivrance de son certificat de résident dans un délai de quarante-huit heures à compter du prononcé de l'ordonnance à intervenir.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ".

3. Il résulte de l'instruction que postérieurement à l'introduction de la requête, M. B a été convoqué par les services de la préfecture de police, le 8 octobre 2024, afin de se voir délivrer un récépissé de demande de carte de séjour l'autorisant à travailler. Par suite, les conclusions de la requête aux fins d'injonction, sont devenues sans objet et il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions en injonction de la requête de M. B.

Article 2 : L'Etat versera à M. B une somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au préfet de police et au ministre de l'intérieur.

Fait à Paris, le 7 octobre 2024.

Le juge des référés,

F. HO SI FAT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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