jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2426629 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | CABINET BASIC ROUSSEAU AVOCATS (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 octobre 2024, Mme A, représentée par Me Rousseau, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'hôpital Européen Georges Pompidou sur sa demande du 24 juin 2024 de placement en situation de congé de longue maladie et sa demande de régularisation de sa paie, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre l'hôpital Européen Georges Pompidou de régulariser la situation administrative dans le sens de l'ordonnance dans un délai d'un mois à compter de la notification de celle-ci ;
3°) de mettre à la charge de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris une somme de
1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence est justifiée dès lors que la décision attaquée a pour conséquence de la maintenir à mi-traitement alors que les revenus de son conjoint ne permettent pas de faire face à l'ensemble des dépenses du foyer ;
- sont propres, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les moyens tirés de ce que cette décision :
- est entachée d'un vice de procédure au vu de l'article L. 822-6 du code général de la fonction publique ;
- est entachée d'erreur de droit.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 4 octobre 2024 sous le numéro 2426630 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Pour justifier l'urgence requise des dispositions précitées, au vu de laquelle le juge des référés relevant en outre un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée peut en suspendre l'exécution, Mme A fait valoir qu'elle serait actuellement à mi-traitement et que ces conditions de rémunérations, compte tenu du montant, en outre, de la rémunération de son époux, ne permettent pas de faire face aux dépenses de son foyer. D'une part, il résulte de l'instruction, selon les écritures mêmes de Mme A, qui ne produit pas le moindre document permettant d'apprécier la situation exacte dans laquelle elle se trouvait à la date de l'introduction de sa requête, qu'elle est placée en disponibilité d'office depuis septembre 2022, position, d'ailleurs, exclusive de tout rémunération. Pourtant, elle n'a demandé pour la première fois que le 24 juin 2024 son placement en situation de congé de longue maladie, qui implique le placement dans la position d'activité, soit près de deux ans après son placement dans la position de disponibilité et plus de quatre mois après qu'un médecin spécialiste ait établi un certificat attestant qu'elle est atteinte d'une des pathologies énumérées à l'article L. 822-12 du code général de la fonction publique. D'autre part, si Mme A énumère les dépenses auxquelles son mari et elle-même doivent faire face, ni l'échéancier de ces dépenses, dont trois seulement sont justifiées par les pièces annexées à la requête, ni leur montant total mensuel ne sont précisés par les écritures présentées pour elle. Dans ces conditions, le tribunal n'est pas mis en mesure d'apprécier l'atteinte portée effectivement à la situation de Mme A par la décision contestée. Dès lors, la condition d'urgence, dans les circonstances de l'espèce, n'est pas caractérisée.
3. Il résulte de ce qui précède, que la requête de Mme A ne peut qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Paris, le 24 octobre 2024.
Le juge des référés,
J.-F. C
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-1