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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2426741

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2426741

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2426741
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantWELSCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 7 octobre 2024 et le 8 octobre 2024, M. D B, représenté par Me Welsch, demande au juge des référés :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police de Paris lui a refusé le renouvellement de sa carte de résident, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de résident valable dix ans et, dans cette attente, une attestation de dépôt de demande de titre de séjour l'autorisant à séjourner en France et à travailler sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

Sur la condition d'urgence :

- l'urgence est présumée s'agissant d'un renouvellement de titre de séjour ; en outre la décision contestée le place dans une situation irrégulière sur le territoire français, qui le place dans une situation professionnelle difficile dès lors qu'il ne peut plus exercer son activité.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :

- la décision a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un vice de procédure ; la commission du titre de séjour n'a pas été saisie préalablement à son édiction alors qu'il réside en France depuis plus de dix ans ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les dispositions de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant signée à New York le 20 novembre 1989.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2024, le préfet de police conclut, à titre principal, au rejet de la requête, pour défaut d'urgence, et, à titre subsidiaire, au non-lieu à statuer, en faisant valoir qu'il s'est prononcé favorablement sur la demande de renouvellement de la carte de résident de M. A B, et que celle-ci est en cours de fabrication, et que parallèlement il a été délivré à M. A B une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande valable du 27 septembre 2024 au 26 décembre 2024.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 27 septembre 2024 sous le numéro 2425963 par laquelle M. A B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant signée à New York le 20 novembre 1989 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Rohmer pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 11 octobre 2024, en présence de Mme Gaonach-Née, greffière d'audience, M. Rohmer a lu son rapport et a entendu Me Welsch qui persiste dans ses conclusions. Elle soutient que l'urgence est encore caractérisée, dès lors que l'attestation de prolongation d'instruction ne présente qu'un caractère provisoire.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant guinéen né le 4 février 1984 à Conakry, entré en France en 2007 selon ses déclarations, était titulaire d'une carte de résident en qualité de parent d'enfants français, valable du 3 avril 2014 au 2 avril 2024. Le 12 février 2024, il sollicité le renouvellement de sa carte de résident sur le fondement des dispositions de l'article L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En application des dispositions des articles R. 432-1 et R. 432-2 du même code, le silence gardé par le préfet de police pendant les quatre mois qui ont suivis cette demande a fait naitre le 13 juin 2024 une décision implicite de rejet.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. A B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

4. Il résulte de l'instruction qu'une attestation de prolongation d'instruction de la demande de M. A B, valable du 27 septembre 2024 au 26 décembre 2024, a été délivrée à l'intéressé. En outre, le préfet de police fait valoir dans son mémoire en défense qu'il s'est prononcé favorablement sur la demande de M. A B, et que la carte de résident sollicitée était en cours de fabrication. Par suite, les conclusions à fin de suspension, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et d'astreinte présentées par M. A B sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

5. Il résulte de ce qui a été dit au point 2 que M. A B est provisoirement admis à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761 1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Welsch, avocate de M. A B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Welsch de la somme de 700 euros.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A B est admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte de la requête de M. A B.

Article 3 : L'Etat versera à Me Welsch , sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat, la somme de 700 euros en application des articles L. 761-1 du code de l'administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B, à Me Welsch et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 16 octobre 2024.

Le juge des référés,

B. ROHMER

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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