lundi 18 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2427091 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | MICHEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 octobre 2024 et le 29 octobre 2024, Mme B A, représentée par Me Michel, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui fixer un rendez-vous, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, afin d'examiner sa demande de renouvellement de récépissé le temps de l'instruction de sa demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son avocat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Par des mémoires, enregistrés les 29 octobre 2024 et 31 octobre 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que Mme A ne justifie pas ni de l'urgence de sa situation, ni de l'utilité des mesures sollicitées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () soit par la juridiction compétente ou son président. " Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la demande en référé :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. "
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
5. Mme A, née le 27 novembre 1982 de nationalité marocaine, a demandé le 29 avril 2022 la délivrance d'une carte de résident sur le fondement du 2e alinéa de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ou, subsidiairement le renouvellement de la carte de séjour temporaire qui lui avait été délivrée en qualité de salariée. Elle a été mise en possession d'un récépissé régulièrement renouvelé jusqu'au 9 août 2023. Le 7 juin 2023, sa demande de titre de séjour a été classée sans suite et, par un jugement du 3 octobre 2024, le tribunal a rejeté la demande de Mme A tendant à l'annulation de cette décision de classement sans suite. Mme A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de police de lui fixer un rendez-vous afin de la munir d'un récépissé de demande de titre de séjour.
6. D'une part, la demande de renouvellement de titre de séjour de Mme A ayant fait l'objet d'un classement sans suite, l'intéressée doit être regardée comme primo-demandeuse de titre et ne saurait se prévaloir d'une présomption d'urgence. D'autre part, si Mme A fait valoir qu'elle n'est pas parvenue en dépit de démarches répétées à déposer une nouvelle demande de titre de séjour en qualité de salariée, elle ne justifie pas avoir tenté de prendre rendez-vous sur le site de la préfecture de police à l'adresse " https://www.ppoletrangers.interieur.gouv.fr/'motif=rensej ", ainsi qu'elle y avait été invitée par le service Immigration professionnelle de la préfecture du dans un courriel du23 août 2023. Enfin, il résulte de l'instruction que Mme A a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le site " démarches simplifiées " de la préfecture de police le 26 mars 2024 et qu'elle est convoquée le 16 juin 2025 en vue de déposer sa demande de titre de séjour. Dans ces conditions, Mme A ne justifie pas de l'urgence de sa situation, ni de l'utilité de la mesure qu'elle sollicite.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, au ministre de l'intérieur et à Me Michel.
Copie en sera adressée au préfet de police et au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Paris, le 18 novembre 2024.
La juge des référés,
M. DHIVER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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