lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2427186 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | RAGOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 octobre 2024, la société compagnie des immeubles de la Seine (CISE), représentée par Me Ragot, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté n° PC 075 111 15 V0051 M02 du
13 septembre 2024, par lequel la maire de Paris, constatant que le permis n° PC 075 111 15 V0051 délivré le 20 février 2020 est périmé, lui a refusé la délivrance du permis de construire modificatif M02, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de la Ville de paris une somme de 6000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
S'agissant de l'urgence :
- le refus qui lui est opposé nuit de manière grave et immédiate à ses intérêts ;
- à la date de l'arrêté en litige, des négociations en vue de la cession de l'immeuble étaient en cours et suffisamment avancées, la signature de l'acte de vente a dû être reportée à une date non déterminée ;
- les acquéreurs pourraient à tout moment décider de ne plus acquérir l'immeuble, ayant pour conséquence la perte de frais de négociation importants engagés pour une opération d'envergure, les frais d'entretien, de gestion, et même fiscaux liés à la propriété demeurant à sa seule charge ;
- le refus qui lui a été opposé interdit tous travaux à compter de cette notification ;
- un chantier à l'arrêt entraine des dépenses à fonds perdus pour son maître d'ouvrage : immobilisation du matériel, renégociation des devis et contrats et des retards ;
- l'arrêt des travaux en l'espèce pourrait emporter la caducité du permis initial si lesdits travaux ne pouvaient pas être repris avant le 8 juillet 2025.
- l'arrêt des travaux entraine un fort risque de dégradation de l'état de l'immeuble, dont les parois intérieures, les sols et les plafonds sont actuellement à nus depuis les opérations de curage ;
S'agissant de l'existence de doutes sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige :
- l'arrêté en litige a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- il est entaché d'erreur de droit ;
- il est entaché d'un détournement de procédure.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 10 octobre 2024 sous le numéro 2427185 par laquelle la société compagnie des immeubles de la Seine demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 13 septembre 2024, la maire de Paris, constatant que le permis initial concernant l'immeuble situé 71 rue du faubourg Saint Antoine à Paris 11ème arrondissement est périmé, a refusé à la société CISE la délivrance d'un permis modificatif PCM2. La société CISE demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cet arrêté.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article
L. 522-1. ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. Au soutien de sa demande de suspension de l'exécution de la décision litigieuse, la société CISE fait valoir que le refus qui lui a été opposé nuit de manière grave et immédiate à ses intérêts en invoquant non seulement la circonstance que les négociations en cours, en vue de la vente l'immeuble sont reportées sans qu'une date puisse être fixée avec les acquéreurs pour la signature de ladite vente avec un risque que les acquéreurs potentiels renoncent à leur projet d'acquisition, mais également les différents frais engendrés par ce retard et par l'interruption des travaux de nature à nuire à la solidité de l'immeuble. Toutefois, à ce stade, les éléments invoqués par la requérante restent, pour ce qui concerne la renonciation à l'acquisition de l'immeuble, des conjectures et ne sont pas, pour les autres, s'agissant des conséquences financières pour la société, démontrés par des pièces justificatives permettant de constater l'urgence de la situation. Il n'est pas davantage démontré que l'arrêté en litige ait pour conséquence directe une dégradation encore plus importante de l'immeuble, ni que cet arrêté empêcherait, le cas échéant, la réalisation de travaux confortatifs en cas de constatation d'un péril imminent. La situation d'urgence alléguée dont la requérante soutient qu'elle est créée par la décision en litige n'est, par suite, pas établie par les pièces produites au soutien de ses écritures. En l'absence de démonstration de l'existence de la situation d'urgence qui serait créée par l'arrêté précité du 14 septembre 2024, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société compagnie des immeubles de la Seine est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société compagnie des immeubles de la Seine.
Fait à Paris, le 14 octobre 2024 .
La juge des référés,
V. B A
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre du logement et de la rénovation urbanisme, chargé du logement, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
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