mercredi 30 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2427238 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | CABINET MENGUY (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 octobre 2024, la ministre de l'éducation nationale demande au juge des référés du tribunal de prescrire une expertise afin de déterminer l'origine des désordres dans la cour intérieure du bâtiment du ministère de l'éducation nationale, situé 110, rue de Grenelle dans le 7ème arrondissement de Paris.
Elle sollicite la présence à l'expertise de la société Nouvelle Pradeau Morin et de M. B A, maître d'œuvre du marché, architecte en chef des monuments historiques.
Elle soutient qu'une expertise est utile dans la perspective d'une action en responsabilité à raison des malfaçons constatées dans l'ensemble du bâtiment.
Par un mémoire, enregistré le 27 décembre 2024, la société nouvelle Pradeau Morin, représentée par Me Menguy, informe le juge des référés de ses protestations et réserves d'usage quant à la mesure d'expertise sollicitée, demande de compléter la mission de l'expert selon les termes de son mémoire et sollicite la mise en cause de ses sous-traitants et de leur assureur :
- la société Charpenterie renfort traitement (CRT), chargée des travaux de restauration des façades à pans de bois,
- la société Rénovation plâtrerie isolation Neves (RPIN), sous-traitant responsable des travaux d'enduits,
- la compagnie Axa France Iard SA , en qualité d'assureur de la société CRT et de la société RPIN.
Elle soutient que la présence aux opérations d'expertise des sous-traitants est utile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Paris a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. / () ".
2. Le ministère de l'éducation nationale a passé un marché afin de procéder à la réfection des façades des cours intérieures du bâtiment du ministère situé au 110, rue de Grenelle dans le 7ème arrondissement de Paris et la réception des travaux est intervenue le 8 mars 2018, avec des réserves ayant nécessité des reprises notamment sur la cour n° 1. Suite à l'apparition de désordres, notamment sur les peintures faïencées et un cloquage des peintures en soubassement, un rapport du 11 avril 2024 a relevé un défaut dans le produit utilisé qui ne serait pas en adéquation avec le support. La ministre de l'éducation nationale sollicite la désignation d'un expert judiciaire afin notamment de déterminer les causes des désordres et de proposer des solutions réparatrices.
3. La demande d'expertise présentée par la ministre de l'éducation nationale satisfait le critère d'utilité exigé par l'article R. 532-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme C D (architecte), exerçant 4, allée Georges Sand à Margency (95580), est désignée comme experte.
L'expertise se déroulera en présence de :
- la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche,
- la société nouvelle Pradeau Morin,
- M. B A,
- la société Charpenterie renfort traitement (CRT),
- la société Rénovation plâtrerie isolation Neves (RPIN),
- la société Axa France Iard SA.
Elle aura pour mission, de :
1°) se faire remettre tous documents utiles à l'accomplissement de sa mission ; convoquer les parties et se rendre sur place dans la cour intérieure n° 1 du ministère de l'éducation nationale au 110, rue de Grenelle dans le 7ème arrondissement de Paris ;
2°) procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé de l'ensemble des désordres ;
3°) donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres, identifier les responsabilités des intervenants et, dans le cas de causes multiples, évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
4°) indiquer si les désordres sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination, ou sont de nature à présenter un danger pour la sécurité des personnes et des biens ; dans ce cas indiquer les mesures conservatoires à mettre en œuvre en urgence pour assurer la mise en sécurité des enfants accueillis et du personnel ;
5°) donner son avis sur la nature et le coût des travaux nécessaires pour remédier aux désordres ;
6°) recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis, y compris les troubles de jouissance.
Article 2 : L'experte remplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Elle ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'experte prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'experte, à la demande du juge des référés ou à son initiative, pourra tenter une médiation entre les parties dans les conditions de l'article R. 621-1 modifié du code de justice administrative.
Article 5 : L'experte déposera son rapport au greffe du tribunal, au plus tard le 28 octobre 2025, sous forme électronique par le biais de la plateforme prévue à cet effet, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 6 : L'experte notifiera les copies de son rapport aux parties intéressées telles que précisées à l'article 7 de la présente ordonnance, dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer par voie électronique dans les conditions prévues à l'article R. 621-7-3 du même code.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à :
- la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche,
- la société nouvelle Pradeau Morin,
- M. B A,
- la société Charpenterie renfort traitement (CRT),
- la société Rénovation plâtrerie isolation Neves (RPIN),
- la société Axa France Iard SA.
- et à Mme C D, experte.
Fait à Paris, le 30 avril 2025.
La juge des référés,
M. Dhiver
La République mande et ordonne au ministre auprès de la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2427238/11-5