mardi 11 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2427425 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juin 2024, M. A C, représenté par Me Sangue, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 9 octobre 2024 par lequel le préfet de police l'a interdit de retour sur le territoire national pour une durée de 24 mois et l'arrêté du même jour par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai ;
3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation, dans le délai de huit jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer le temps du réexamen une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, et, dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée la somme de 1 500 euros à verser à lui-même.
Il soutient que :
* Sur l'obligation de quitter le territoire français et le refus d'accorder un délai de départ volontaire :
- ces décisions sont entachées de l'incompétence de leur signataire et de l'incompétence territoriale de leur auteur ;
- ces décisions sont entachées d'un vice de procédure en tant qu'aucune information ne lui a été donnée pour présenter une demande de protection internationale ;
- ces décisions sont entachées d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- ces décisions méconnaissent son droit à être entendu ;
- ces décisions méconnaissent l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- ces décisions méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
* Sur l'interdiction de retour :
- elle est entachée de l'incompétence de son signataire ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Une clôture d'instruction en date du 4 décembre 2024 a été fixée au 16 janvier 2025.
Un mémoire en défense, enregistré le 30 janvier 2025, a été enregistré pour le préfet de police de Paris, représenté par la Selarl Actis Avocats.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant tunisien, né le 28 février 2002, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 octobre 2024 par lequel le préfet de police l'a interdit de retour sur le territoire national pour une durée de 24 mois et l'arrêté du même jour par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. "
Sur l'obligation de quitter le territoire et le refus d'accorder un délai de départ volontaire :
3. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-00924 du 8 juillet 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour, le préfet de police a donné à Mme B D délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature des actes attaqués. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de leur signataire doit être écarté.
4. En deuxième lieu, M. C soutient qu'il a été interpelé dans un autre département que Paris, et que, par conséquent, le préfet de police n'était pas compétent pour édicter la décision portant obligation de quitter le territoire français. Toutefois, il ne donne aucune précision quant à une interpellation en dehors de cette ville. Ce moyen est manifestement dépourvu des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
5. En troisième lieu, l'arrêté contesté comporte les considérations de droit et de fait qui constituent son fondement et il ressort de ses termes que le préfet de police a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé. Les moyens tirés du défaut de motivation de l'arrêté et du défaut d'examen de la situation personnelle du requérant sont manifestement infondés.
6. En quatrième lieu, le requérant soutient que les informations relatives au dépôt d'une demande de protection internationale n'ont pas été portées à sa connaissance préalablement à l'édiction des décisions contestées. Toutefois, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de l'arrêté en litige qui ne se rapporte pas à sa demande de protection internationale. Par suite, le moyen est inopérant. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C aurait déposé une demande d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le moyen tiré de l'absence d'information des modalités d'introduction d'une protection internationale par le préfet doivent être écartés comme manifestement non assortis des faits susceptibles de venir à leur soutien.
7. En cinquième lieu, si le requérant soutient que le préfet de police a méconnu son droit à être entendu, il n'établit pas, ni même n'allègue qu'il aurait vainement sollicité un entretien avec les services préfectoraux ou aurait été empêché, de faire valoir, auprès de l'administration, tous éléments jugés utiles à la compréhension de sa situation personnelle ou bien qu'il aurait disposé d'éléments qui, s'ils avaient été portés à la connaissance du préfet des Hauts-de-Seine, auraient pu le conduire à prendre une décision différente. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu, tel que garanti par les principes généraux du droit de l'Union européenne, est manifestement infondé.
8. En sixième lieu, si M. C soutient que les décisions attaquées sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur sa situation et qu'elles méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'assortit manifestement ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
Sur l'interdiction de retour :
9. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-00924 du 8 juillet 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour, le préfet de police a donné à Mme B D délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature de l'interdiction de retour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de son signataire doit être écarté.
10. En deuxième lieu, l'arrêté contesté comporte les considérations de droit et de fait qui constituent son fondement. Le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté est manifestement infondé.
11. Si M. C soutient que l'interdiction de retour pour une durée de deux ans est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, il n'assortit manifestement ce moyen d'aucun fait susceptible de venir à son soutien.
12. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C ne peut qu'être rejetée par application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
13. La requête de M. C étant manifestement mal fondée, il n'y a pas lieu de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au préfet de police de Paris.
Fait à Paris, le 11 février 2025.
La présidente de la 6ème section,
K. Weidenfeld
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.