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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2427550

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2427550

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2427550
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2024, M. A B, représenté par Me de Seze, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite de refus de délivrance d'une carte de résident en qualité de réfugié ;

2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer à titre principal une carte de résident à titre provisoire et à titre subsidiaire une attestation de prolongation d'instruction avec autorisation de travail dans un délai de dix jours avec une astreinte de

150 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'État 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire, enregistré le 22 octobre 2024, M. B, représenté par

Me de Seze, déclare se désister de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction et maintient sa demande tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il fait observer qu'il a été mis en possession, d'une attestation de prolongation d'instruction lui permettant de travailler et de justifier de la régularité de son séjour valable à compter du 18 octobre 2024.

Vu :

- les autres pièces du dossier, notamment les pièces enregistrées le 22 octobre 2024 pour le préfet de police ;

- la requête n° 2427491 enregistrée le 14 octobre 2024 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Salzmann, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 octobre 2024 tenue en présence de Mme Latour, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Salzmann,

- les observations de Me Floret substituant Me Tomasi, représentant le préfet de police qui soutient prendre acte du désistement de la requête liée à la délivrance par la préfecture de l'Aube d'une API le 18 octobre 2024. L'avocate souligne par ailleurs qu'il appartient au requérant d'établir qu'il a informé les deux préfectures, celle de l'Aube et la préfecture de police, de son changement d'adresse.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, né le 28 octobre 1997, de nationalité afghane, s'est vu reconnaître la qualité de réfugié par une décision de l'Office français des réfugiés et des apatrides du

14 mars 2023. Il a alors sollicité la délivrance d'une carte de résident en qualité de réfugié le 27 mars 2023 et s'est vu remettre une attestation de prolongation d'instruction, valable du

27 mars 2023 au 26 septembre 2023, renouvelée jusqu'au 21 août 2024. Après avoir vainement tenté d'obtenir le renouvellement de cette attestation, le requérant, qui fait valoir que le silence gardé par le préfet de police sur sa demande de titre de séjour a fait naître une décision implicite de rejet, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a implicitement rejeté sa demande de carte de résident en qualité de réfugié.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

4. Il résulte de l'instruction que postérieurement à l'introduction de la requête,

M. B s'est vu délivrer une nouvelle attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour lui permettant de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français et d'y exercer une activité professionnelle. Compte tenu de cette délivrance, M. B a indiqué se désister de ses conclusions aux fins de suspension et aux fins d'injonction. Ce désistement est pur et simple. Il y a lieu de lui en donner acte.

Sur les frais du litige :

5. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Par suite son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve de l'admission définitive de

M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle, d'une part, et de la renonciation par

Me De Seze à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, d'autre part, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros à verser à Me De Seze au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans l'hypothèse où M. B ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros lui sera versée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins d'annulation et aux fins d'injonction de la requête de M.B est rejetée.

Article 3 : L'Etat versera à Me De Seze une somme de 800 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de renonciation à la part contributive de l'Etat. Dans l'hypothèse où M. B ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros lui sera versée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée M. A B, à Me De Seze et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police et au bureau d'aide juridictionnelle.

Fait à Paris, le 24 octobre 2024.

La juge des référés,

M. SALZMANN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2427550/3-5

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