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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2427598

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2427598

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2427598
TypeOrdonnance
Avocat requérantCABINET SEBAN ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 octobre 2024, M. C A, représenté par Me Eliakim et Me Chermak Felonneau, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre à la Ville de B de procéder à son hébergement dans une structure adaptée à son âge et à son état psychique, et de prendre en charge ses besoins alimentaires et sanitaires quotidiens dans un délai de vingt-quatre heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, jusqu'à ce que l'autorité judiciaire ait définitivement statué sur son recours fondé sur les articles 375 et suivants du code civil ;

3°) de mettre à la charge de la Ville de B une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des articles L. 761 1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'Etat, ou, en cas de non admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, directement à son bénéfice en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il dispose de la capacité pour agir en justice quand bien même il est un mineur non émancipé, ;

- la condition d'urgence est caractérisée dès lors que depuis la fin de son accueil provisoire d'urgence, il dort à la rue et ne bénéficie d'aucune prise en charge adaptée à son âge, qu'il est isolé et vulnérable ;

- l'appréciation portée par la Ville de B sur son absence de qualité de mineur isolé est manifestement erronée et la carence de l'administration qui en résulte porte une atteinte grave et manifestement illégale à l'intérêt supérieur de l'enfant protégé par le 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, au droit à la vie et à la dignité garanti par l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, au droit de ne pas subir des traitement inhumains et dégradants garanti par l'article 3 de la même convention, et au droit au recours effectif garanti par l'article 13 de cette convention.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2024, la Ville de B, représentée par la SELAS Seban et associés, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'elle n'a porté aucune atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales invoquées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code civil ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné M. Delesalle en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 18 octobre 2024 :

- le rapport de M. Delesalle, juge des référés ;

- les observations de Me Eliakim, avocate de M. A, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et précise que les documents produits ont vraisemblablement été faits en vue de son départ vers l'Europe à l'initiative de sa famille et que le " QR " renvoie bien aux éléments d'identification du requérant ;

- les observations de M. A, qui précise, en réponse aux questions posées par le juge des référés, qu'il a quitté la Guinée en 2022 avec un ami qui est un " grand ", qu'il a surtout vécu alors en Algérie et en Tunisie en foyer, que Lamine travaillait, qu'il a été pris en charge en tant que mineur à Gênes, qu'il a obtenu les documents produits par l'intermédiaire de sa mère et de son frère qui lui en ont envoyé des photographies puis, alors qu'il était en France, les originaux, qu'il ignore qui étaient les deux témoins mentionnés dans le jugement supplétif et le motif de la demande de ces documents ;

- les observations de la SELAS Seban et associés, qui conclut aux mêmes fins que son mémoire par les mêmes moyens et précise qu'un extrait du registre de transcription ne constitue pas un document d'état civil au sens de l'article 47 du code civil.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à la Ville de B de procéder à son hébergement dans une structure adaptée à son âge et à son état psychique, et de prendre en charge ses besoins alimentaires et sanitaires quotidiens dans un délai de vingt-quatre heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, jusqu'à ce que l'autorité judiciaire ait définitivement statué sur son recours fondé sur les articles 375 et suivants du code civil.

Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".

En ce qui concerne le cadre juridique :

4. Aux termes du premier alinéa de l'article 375 du code civil : " Si la santé, la sécurité ou la moralité d'un mineur non émancipé sont en danger, ou si les conditions de son éducation ou de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises, des mesures d'assistance éducative peuvent être ordonnées par justice à la requête des père et mère conjointement, ou de l'un d'eux, de la personne ou du service à qui l'enfant a été confié ou du tuteur, du mineur lui-même ou du ministère public () ". Aux termes de l'article 375-3 du même code : " Si la protection de l'enfant l'exige, le juge des enfants peut décider de le confier : / () 3° A un service départemental de l'aide sociale à l'enfance () ". Aux termes des deux premiers alinéas de l'article 375-5 du même code : " A titre provisoire mais à charge d'appel, le juge peut, pendant l'instance, soit ordonner la remise provisoire du mineur à un centre d'accueil ou d'observation, soit prendre l'une des mesures prévues aux articles 375-3 et 375-4. / En cas d'urgence, le procureur de la République du lieu où le mineur a été trouvé a le même pouvoir, à charge de saisir dans les huit jours le juge compétent, qui maintiendra, modifiera ou rapportera la mesure. () ".

5. L'article L. 221-1 du code de l'action sociale et des familles dispose que : " Le service de l'aide sociale à l'enfance est un service non personnalisé du département chargé des missions suivantes : 1° Apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique tant aux mineurs et à leur famille ou à tout détenteur de l'autorité parentale, confrontés à des difficultés risquant de mettre en danger la santé, la sécurité, la moralité de ces mineurs ou de compromettre gravement leur éducation ou leur développement physique, affectif, intellectuel et social, qu'aux mineurs émancipés et majeurs de moins de vingt et un ans confrontés à des difficultés familiales, sociales et éducatives susceptibles de compromettre gravement leur équilibre () / ; 3° Mener en urgence des actions de protection en faveur des mineurs mentionnés au 1° du présent article ; / 4° Pourvoir à l'ensemble des besoins des mineurs confiés au service et veiller à leur orientation () ". L'article L. 222-5 du même code dispose que : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : () / 3° Les mineurs confiés au service en application du 3° de l'article 375-3 du code civil () ". L'article L. 223-2 de ce code dispose que : " Sauf si un enfant est confié au service par décision judiciaire ou s'il s'agit de prestations en espèces, aucune décision sur le principe ou les modalités de l'admission dans le service de l'aide sociale à l'enfance ne peut être prise sans l'accord écrit des représentants légaux ou du représentant légal du mineur ou du bénéficiaire lui-même s'il est mineur émancipé. / En cas d'urgence et lorsque le représentant légal du mineur est dans l'impossibilité de donner son accord, l'enfant est recueilli provisoirement par le service qui en avise immédiatement le procureur de la République. / () Si, dans le cas prévu au deuxième alinéa du présent article, l'enfant n'a pas pu être remis à sa famille ou le représentant légal n'a pas pu ou a refusé de donner son accord dans un délai de cinq jours, le service saisit également l'autorité judiciaire en vue de l'application de l'article 375-5 du code civil ".

6. L'article R. 221-11 du même code dispose que : " I.- La durée de l'accueil provisoire d'urgence prévu au I de l'article L. 221-2-4 est de cinq jours à compter du premier jour de la prise en charge de la personne se déclarant mineure et privée temporairement ou définitivement de la protection de sa famille. L'accueil peut être prolongé deux fois pour la même durée. Le président du conseil départemental informe sans délai le procureur de la République de cet accueil et de ses éventuelles prolongations. / II.- L'évaluation de la minorité et de l'isolement prévue au II de l'article L. 221-2-4 est réalisée pendant la période d'accueil provisoire d'urgence et après que la personne accueillie a bénéficié d'un temps de répit. /III.- Au cours du temps de répit, le président du conseil départemental identifie les besoins en santé de la personne accueillie en vue, le cas échéant, d'une orientation vers une prise en charge adaptée. Les éléments obtenus à cette occasion ne peuvent pas être utilisés pour évaluer la minorité et la situation d'isolement de la personne accueillie./La durée du temps de répit est déterminée par le président du conseil départemental en fonction de la situation de la personne accueillie au moment où elle se présente, en particulier de son état de santé physique et psychique ainsi que du temps nécessaire pour que la personne soit informée, dans une langue qu'elle comprend, des modalités et des enjeux attachés à l'évaluation. / IV.- L'évaluation de la minorité et de l'isolement est organisée selon les modalités précisées dans un référentiel national fixé par arrêté des ministres de la justice et de l'intérieur ainsi que des ministres chargés de l'enfance, des collectivités territoriales et de l'outre-mer. () VI.- Au terme du délai mentionné au I ou avant l'expiration de ce délai si l'évaluation a été conduite avant son terme, le président du conseil départemental rend la décision prévue par le septième alinéa du II de l'article L. 221-2-4 et, le cas échéant, saisit le procureur de la République en vertu du quatrième alinéa de l'article L. 223-2 aux fins d'application du deuxième alinéa de l'article 375-5 du code civil. Dans ce cas, l'accueil provisoire d'urgence mentionné au I se prolonge jusqu'à la décision de l'autorité judiciaire. Si le président du conseil départemental estime que la situation de la personne accueillie ne justifie pas la saisine de l'autorité judiciaire, il notifie à cette personne une décision de refus de prise en charge délivrée dans les conditions de l'article R. 223-2 du code de l'action sociale et des familles. Dans ce cas, l'accueil provisoire d'urgence prend fin. / VII.- Lorsqu'une personne qui a été évaluée majeure saisit l'autorité judiciaire en application de l'article 375 du code civil, le président du conseil départemental, dès qu'il en a connaissance, en informe le préfet de département et, à B, le préfet de police, et lui notifie la date de la mesure d'assistance éducative éventuellement prononcée par l'autorité judiciaire ". En vertu de l'article R. 223-2 du code de l'action sociale et des familles, ces décisions d'attribution, de refus d'attribution, de modification de la nature ou des modalités d'attribution d'une prestation doivent être motivées et leur notification doit mentionner les délais et modalités de mise en œuvre des voies de recours.

7. Il résulte de ces dispositions qu'il incombe aux autorités du département, et, à B, à la Ville de B, le cas échéant dans les conditions prévues par la décision du juge des enfants ou par le procureur de la République ayant ordonné en urgence une mesure de placement provisoire, de prendre en charge l'hébergement et de pourvoir aux besoins des mineurs confiés au service de l'aide sociale à l'enfance. A cet égard, une obligation particulière pèse sur ces autorités lorsqu'un mineur privé de la protection de sa famille est sans abri et que sa santé, sa sécurité ou sa moralité est en danger. Lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour le mineur intéressé, une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette mission porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Il incombe au juge des référés d'apprécier, dans chaque cas, les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de santé et de la situation de famille de la personne intéressée.

8. Il en résulte également que, lorsqu'il est saisi par un mineur d'une demande d'admission à l'aide sociale à l'enfance, le président du conseil départemental peut seulement, au-delà de la période provisoire de cinq jours prévue par l'article L. 223-2 du code de l'action sociale et des familles, décider de saisir l'autorité judiciaire mais ne peut, en aucun cas, décider d'admettre le mineur à l'aide sociale à l'enfance sans que l'autorité judiciaire l'ait ordonné. L'article 375 du code civil autorise le mineur à solliciter lui-même le juge judiciaire pour que soient prononcées, le cas échéant, les mesures d'assistance éducative que sa situation nécessite. Lorsque le département refuse de saisir l'autorité judiciaire à l'issue de l'évaluation mentionnée au point 4 ci-dessus, au motif que l'intéressé n'aurait pas la qualité de mineur isolé, l'existence d'une voie de recours devant le juge des enfants par laquelle le mineur peut obtenir son admission à l'aide sociale rend irrecevable le recours formé devant le juge administratif contre la décision du département.

9. Il appartient toutefois au juge du référé, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, lorsqu'il lui apparaît que l'appréciation portée par le département sur l'absence de qualité de mineur isolé de l'intéressé est manifestement erronée et que ce dernier est confronté à un risque immédiat de mise en danger de sa santé ou de sa sécurité, d'enjoindre au département de poursuivre son accueil provisoire.

10. Enfin, l'article 47 du code civil dispose que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. () ". Il résulte de ces dispositions que la force probante d'actes d'état civil étrangers peut être combattue par tout moyen, notamment au vu de données extérieures, le juge formant sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties.

En ce qui concerne l'application en l'espèce :

11. M. A, qui allègue être un ressortissant guinéen âgé de seize ans car né le 10août 2008, s'est présenté à l'accueil pour mineurs non accompagnés de B le 2 octobre 2024 pour bénéficier d'une évaluation de sa minorité et de son isolement. Il a été reçu en entretien d'évaluation le 3 octobre suivant à l'issue duquel sa minorité n'a pas été admise, et il a fait l'objet le 4 octobre 2024 d'une décision de refus de prise en charge par la Ville de B au titre de la protection de l'enfance. Il a alors saisi le 7 octobre 2024 le juge des enfants du tribunal judiciaire de B afin de lui demander une mesure d'assistance éducative.

12. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier qu'en dépit de la décision de la Ville de B refusant de le mettre à l'abri, le requérant a formé un recours devant le juge des enfants du tribunal judiciaire de B, ainsi d'ailleurs que devant le juge des référés du tribunal administratif de B. Si l'absence de mise à l'abri dans l'attente de l'issue de cette procédure rend sa vraisemblablement sa conduite plus difficile, elle ne peut être regardée comme constituant une atteinte grave et manifestement illégale au droit au recours effectif.

13. En second lieu, pour refuser de prendre en charge M. A, la Ville de B s'est fondé sur les circonstances que ses propos concernant sa famille et son quotidien dans son pays d'origine ne comportaient aucun repère temporel croisé ou étaient insuffisamment précis pour permettre de les rattacher à l'âge déclaré, que le récit de son parcours scolaire comportait des lacunes ne permettant pas de le relier à son âge allégué, qu'il ne parvenait pas à se situer par rapport aux événement importants survenus dans son pays, que le récit de son parcours migratoire présentait un manque de clarté quant à la raison de son départ ainsi que des lacunes, qu'il ne donnait pas d'élément qui permettait d'attester de la prise en compte de sa minorité par les autorités locales italiennes, et que le fort degré d'autonomie et de maturité dont il avait fait preuve en prenant seul la décision de mettre fin à sa prise en charge en Italie et en effectuant sans adulte la suite de son parcours migratoire n'était pas compatible avec l'âge qu'il déclarait.

14. Il résulte de l'instruction que pour justifier de sa minorité, M. A a présenté aux services de l'accueil des mineurs non accompagnés une photographie d'un extrait du registre de transcription des naissances de la commune de Matoto délivré le 6 juin 2023 par un office de l'état civil de cette commune, en Guinée. Il produit en outre, devant le juge des référés, sans qu'il ne soit établi qu'il l'ait présenté antérieurement, un jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance rendu le 15 mai 2023 par le tribunal de première instance de Mafanco, en Guinée. Il justifie par ailleurs avoir déposé ces documents auprès du tribunal pour enfants de B.

15. Toutefois, si le " QR code " figurant sur le jugement supplétif produit renvoie effectivement aux éléments d'identification dont il se prévaut ainsi que cela été constaté contradictoirement lors de l'audience, M. A, d'une part, n'a pas été en mesure d'apporter à cette occasion de précisions sur les modalités concrètes ou les motifs d'obtention de ce document, ni sur les deux témoins entendus dont l'un porte d'ailleurs le même patronyme qui lui dont il n'a pas même été capable d'indiquer l'identité, et, d'autre part, il n'a produit aucun document officiel pourvu d'élément d'identification permettant de le relier à sa personne. Au surplus, alors que ce jugement, qui ne précise d'ailleurs pas l'heure de naissance contrairement aux exigences des dispositions combinées des article 201 et 204 du code civil de la République de Guinée et n'a pas fait l'objet d'une légalisation, mentionne qu'il est le sixième dans le rang de naissance de sa fratrie, il n'a fait état que de quatre frères ou sœurs lors de son évaluation, sans d'ailleurs pouvoir se situer précisément par rapport à eux. En outre, s'il conteste la pertinence de l'évaluation menée pour le compte du département, il n'apporte pas d'élément probant de nature à étayer son argumentation, ni à remettre en cause les appréciations précises et circonstanciées portées dans ce cadre, notamment s'agissant des motifs et des conditions de son départ ainsi que du parcours migratoire allégué. Dans ces conditions, les documents produits ne sont pas à eux seuls de nature, en l'espèce, à établir l'identité alléguée du requérant, et notamment son âge. Enfin, il est constant que le juge des enfants, saisi sur le fondement de l'article 375 du code civil, ne s'est pas encore prononcé sur sa demande et n'a pas davantage, à ce jour, ordonné l'une des mesures prévues à l'article 375-3 du code civil, notamment en le confiant provisoirement à un service d'aide sociale à l'enfance ainsi que l'article 375-5 du même code le lui permet. Dans ces conditions, l'appréciation portée par la Ville de B sur l'absence de qualité de mineur isolé de M. A n'apparaît pas, en l'état de l'instruction et dans le cadre de l'office particulier défini au point 9, manifestement erronée et ne révèle, à la date de la présente ordonnance, au vu de la situation de l'intéressé, pas d'atteinte grave et manifestement illégale à l'une des libertés fondamentales invoquées.

16. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur la condition tenant à l'urgence, que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant au versement d'une somme au titre des frais liés au litige.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à la Ville de B et à Me Eliakim et Me Chermak Felonneau.

Fait à B, le 18 octobre 2024.

Le juge des référés,

H. Delesalle

La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de B, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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