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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2427769

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2427769

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2427769
TypeDécision
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 octobre 2024, Mme A B, représentée par Me Mallet, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 6 août 2024 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour, ou à tout le moins, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, et ce dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, et à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de manière définitive, dans un délai de quinze jours, et de lui délivrer une autorisation provisoire avec autorisation de travail, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocate au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à elle-même si le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne lui est pas accordé.

Elle soutient que :

- l'urgence est présumée et, en l'espèce, elle est établie dès lors qu'elle est sur le point d'accoucher et qu'elle n'a plus aucune ressource ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté contesté qui :

.est signé par une autorité incompétente,

.n'est pas motivé ;

.n'a pas été précédé d'un examen de sa situation personnelle,

.a été pris en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour,

.méconnaît les dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

.méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

.est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation,

.méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant,

Le préfet de police, représenté par Me Tomasi, a produit des pièces complémentaires, enregistrées le 22 octobre 2024.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le n°2427769 tendant à l'annulation de l'arrêté dont la suspension est demandée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Perrin pour statuer sur les demandes de référé.

Au cours de l'audience publique, tenue le 22 octobre 2024, en présence de Mme Heeralall, greffière d'audience, Mme Perrin a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Floret, avocate du préfet de police.

Mme B n'était ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la demande de référé :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

En ce qui concerne la demande de suspension de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de destination :

3. Il résulte des dispositions de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'introduction par Mme B la requête au fond n°2427765 a eu pour effet de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français dont elle fait l'objet. Par suite, ses conclusions tendant à la suspension de l'exécution de cette décision et de celle fixant le pays de destination sont dépourvues d'objet. Elles doivent donc être rejetées comme irrecevables.

En ce qui concerne la demande de suspension de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :

4. Mme B, ressortissante camerounaise, entrée en France en 2012 selon ses déclarations, a été munie de plusieurs titres de séjour dont une carte de séjour temporaire valable du 26 janvier 2022 au 25 janvier 2023 dont elle a demandé le renouvellement le 10 octobre 2023. Par un arrêté du 6 août 2024, le préfet de police lui a refusé le renouvellement du titre de séjour qu'il lui avait délivré sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Mme B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.

5. A l'appui de sa demande, Mme B soutient que la décision du préfet de police du 6 août 2024 est signée par une autorité incompétente, n'est pas motivée, n'a pas été précédée par un examen sérieux de sa situation personnelle, a été prise en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour, méconnaît les dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que celles du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, et enfin est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Ces moyens ne paraissent pas, en l'état de l'instruction, propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision du 6 août 2024 par laquelle le préfet de police a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme B.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à la suspension de l'exécution de la décision du préfet de police du 6 août 2024 doivent être rejetées. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont également rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au ministre de l'intérieur et à Me Mallet.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 24 octobre 2024.

La juge des référés,

A. Perrin

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2427769/9

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