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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2427771

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2427771

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2427771
TypeOrdonnance
Avocat requérantHALIMI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 octobre 2024, M. A, représenté par Me Halimi, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 27 août 2024, par laquelle le préfet de police a refusé son admission exceptionnelle au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination de sa reconduite, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, l'autorisant à travailler, dans l'attente du jugement au fond, dans le délai d'un mois, à compter de la décision à venir ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- le refus de délivrance d'un titre de séjour nuit gravement et de manière immédiate à sa situation personnelle ;

- son récépissé l'autorisant à travailler étant arrivé à expiration, il risque de perdre son emploi et d'être licencié ;

- il risque d'être éloigné à tout moment du territoire français ;

Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- l'arrêté en litige n'est pas motivé ;

- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen personnalisé ;

- la décision de refus qui lui a été opposée est entachée d'erreur de droit ;

- la décision de refus de titre de séjour méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 8 octobre 2024 sous le numéro 2427767 par laquelle

M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Véronique Hermann Jager pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 dudit code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. D'autre part, l'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement et tenir compte du fait que le requérant ne se soit pas placé lui-même dans une situation qui ne lui permette pas d'invoquer utilement -ni sérieusement- la notion d'urgence. Il en est notamment ainsi lorsque la situation d'urgence découle directement de la négligence ou de la carence du requérant, ou de tout autre acte positif qui lui est directement imputable. Enfin, la condition d'urgence s'apprécie à la date de la décision à laquelle le juge statue.

3. Pour justifier de l'urgence de sa situation et des intérêts qu'il entend défendre, afin d'obtenir du juge des référés la suspension de l'exécution de l'arrêté du 27 août 2024, pris à son encontre par le préfet de police, M. A, ressortissant bangladais, né le 15 août 1985, entré, selon ses dires, en France le 9 octobre 2018, qui a présenté, le 11 mars 2024, une demande d'admission exceptionnelle au séjour, sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, soutient que le refus de titre qui lui a été opposé, le place en situation d'urgence eu égard à la circonstance qu'il ne peut plus travailler. Toutefois, nonobstant la circonstance que

M. A était en possession d'un récépissé l'autorisant à travailler, il n'établit pas au dossier que son employeur a, du fait du refus qui lui a été opposé, suspendu son contrat de travail ou l'a licencié, faute de la possession d'un titre de séjour et qu'il se trouverait privé d'emploi et de ressources. Dès lors qu'il appartient à l'intéressé d'apporter au soutien de ses dires les éléments permettant d'apprécier concrètement l'urgence alléguée de sa situation et que M. A ne démontre pas l'urgence dont il se prévaut, l'une des conditions requises par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie et il y a lieu, en conséquence, de rejeter l'ensemble de ses conclusions en application des dispositions de l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Paris, le 21 octobre 2024.

La juge des référés,

V. Hermann Jager

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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