jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2427897 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Ait Mehdi, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de lui renouveler son titre de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est présumée et, en l'espèce, elle est établie dès lors qu'il doit pouvoir justifier de la régularité de son séjour afin de ne pas mettre en péril son entreprise, dont il est lui-même salarié ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée qui :
.est signée par une autorité incompétente,
.méconnaît les dispositions des articles L. 421-5 et L. 421-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
.méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
.est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Le préfet de police, représenté par Me Tomasi, a produit des pièces complémentaires, enregistrées le 21 octobre 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n°2427835 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension est demandée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Perrin, pour statuer sur les demandes de référé.
Au cours de l'audience publique, tenue le 22 octobre 2024, en présence de Mme Heeralall, greffière d'audience, Mme Perrin a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Ait Mehdi, avocate de M. A, qui reprend et développe les éléments de la requête ; elle fait en outre valoir que M. A n'était pas en possession de la pièce demandée par l'administration pour compléter son dossier, qu'il a alerté l'administration sur ce point et qu'il a finalement transmis cette pièce à l'administration le 8 août 2024 ;
- et les observations de Me Floret, avocate du préfet de police, qui fait valoir que M. A n'a pas complété son dossier malgré la demande en ce sens qui lui a été adressée le 28 mai 2024 et que donc sa demande a été classée sans suite le 10 juillet 2024, sans qu'une demande de décision implicite n'ait pu naître.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Une note en délibéré pour M. A a été enregistrée le 22 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande de référé :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
2. M. A, ressortissant bangladais, né le 1er avril 1984, entré en France en 2012 selon ses déclarations, a été mis en possession de plusieurs titres de séjour, dont le dernier valable du 20 décembre 2022 au 19 décembre 2023. Il a demandé le renouvellement de son titre de séjour le 12 décembre 2023 et a été muni d'un récépissé valable jusqu'au 6 septembre 2024. Il résulte de l'instruction que la demande de renouvellement du titre de séjour de M. A a été classée sans suite, le 10 juillet 2024, en l'absence de transmission, par ce dernier, dans les délais, de la pièce intitulée " impôts sur les revenus de l'année 2023 ", malgré la demande adressée à ce titre par la préfecture le 28 mai 2024. Si le requérant soutient qu'il n'avait pas en sa possession son avis d'imposition sur le revenu de l'année 2023 à la date où la demande lui a été faite par l'administration, il n'établit pas qu'il en aurait informé l'administration dans le délai prescrit, et se borne à produire un courriel du 8 août 2024, adressé à la préfecture de police, mentionnant une conversation téléphonique du même jour et transmettant les documents manquants. Dès lors, M. A n'établit pas avoir produit l'ensemble des pièces exigées pour le renouvellement d'un titre de séjour portant la mention " entrepreneur/profession libérale ". Ainsi, en l'état de l'instruction, la décision par laquelle le préfet de police a classé sans suite la demande de renouvellement du titre de séjour du requérant, à l'appui de laquelle a été présenté un dossier incomplet, ne peut être regardée comme une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir.
3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, en toutes ses conclusions, y compris celles tendant au prononcé d'une injonction et celles présentées au titre des frais liés au litige.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 24 octobre 2024.
La juge des référés,
A. Perrin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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