mardi 15 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2427907 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrées les 18 octobre et 30 décembre 2024,
Mme A B, représentée par Me Sadoun, demande au tribunal :
1°) de prononcer l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 7 août 2024 portant refus d'admission au séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer le certificat de résidence sollicité dans le délai de deux mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 400 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
-Le refus de séjour a été pris par un auteur incompétent ;
-Il est insuffisamment motivé ;
-Il méconnaît les stipulations de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien ;
-Il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 décembre 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 7 janvier 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 février suivant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grossholz,
- et les observations de Me Menaa, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, née le 2 juin 1975, ressortissante algérienne, qui déclare être entrée en France en octobre 2012, a sollicité son admission au séjour sur le fondement des stipulations de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien susvisé. Par arrêté du 7 août 2024, le préfet de police lui a opposé un refus et l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'en prononcer l'annulation.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, par arrêté n°2024-00924, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de Seine-et-Marne le 8 juillet 2024, le préfet de police a donné délégation à M. C, auteur des décisions en litige, pour signer notamment les décisions de cette nature, en cas d'empêchements d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'aient pas été empêchées. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence dont seraient entachées les décisions contestées manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient la requérante, l'arrêté attaqué expose, avec suffisamment de précision, les considérations de droit et de fait sur lesquelles le refus d'admission au séjour se fonde, nonobstant l'absence de mention des raisons, qu'il n'était pas tenu de préciser, pour lesquelles il estime non rapportée la preuve de la présence continue en France de l'intéressée depuis dix ans. Il en résulte que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : 1) au résident algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant () ".
5. Si Mme B produit, à l'appui de son allégation selon laquelle elle résiderait en France depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté attaqué, de nombreuses pièces, ces dernières consistent principalement en des ordonnances et comptes rendus médicaux, documents relatifs à l'aide médicale d'Etat et à un passe Navigo et en des courriers et déclarations de revenus. Ces pièces sont compatibles avec une présence ponctuelle de l'intéressée en France et ne démontrent donc pas que cette dernière aurait résidé en France de manière continue durant les dix années précédant l'arrêté. Au surplus, aucune pièce probante d'une présence sur le territoire français n'est produite au titre de la période de janvier à juin 2019 ni de juillet 2020 à février 2021. Dans ces conditions, la requérante n'établit pas résider en France depuis plus de dix ans au sens et pour l'application des stipulations précitées.
6. En quatrième lieu, si Mme B fait valoir la durée de son séjour en France, dont le caractère continu n'est, ainsi qu'il vient d'être dit, pas établi, et la présence en France de sa sœur et de sa mère, il ne saurait être déduit de ces seules circonstances, d'autant plus que l'intéressée admet ne pas être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine où elle a vécu au moins jusqu'à l'âge de 37 ans, qu'en refusant de l'admettre au séjour et en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet de police aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale, protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée.
7. En cinquième et dernier lieu, le refus de séjour n'étant pas illégal, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français qu'il fonde doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées en matière de frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 1er avril 2025, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
Mme Grossholz, première conseillère,
Mme Ostyn, conseillère,
Rendu public par mise à disposition du greffe le 15 avril 2025.
La rapporteure,
Signé
C. GROSSHOLZ
Le président,
Signé
J.-C. TRUILHELa greffière,
Signé
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris ou à toute autre autorité compétente en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2503570
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. La juridiction a estimé que le préfet de police de Paris, en se fondant sur une condamnation pénale, n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 432-4, et a examiné le respect de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2424420
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande de décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu pour les années 2015 et 2016. Le requérant contestait la régularité de la proposition de rectification, notamment son caractère suffisamment motivé et son aptitude à interrompre le délai de reprise. Le tribunal a jugé que la proposition, notifiée après l'ouverture d'une procédure de retrait d'agrément, était régulière et a valablement interrompu le délai de reprise, conformément aux articles L. 57 du livre des procédures fiscales et 1649 nonies A du code général des impôts.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517132
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police du 17 juin 2025 ordonnant l'éloignement de M. A..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que l'administration n'avait pas procédé à un examen sérieux de la situation familiale du requérant, notamment de ses liens avec sa fille née en France, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint au préfet de délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer la situation dans un délai de trois mois, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2416373
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision implicite de refus de titre de séjour. Le requérant, un ressortissant malien, contestait ce refus intervenu sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Le tribunal a annulé la décision implicite pour défaut de motivation, l'administration n'ayant pas répondu à la demande de communication des motifs formulée sur le fondement de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Il a enjoint au préfet de réexaminer la demande dans un délai d'un mois.
01/04/2026