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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2428154

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2428154

mercredi 6 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2428154
TypeDécision
Avocat requérantALLALI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 octobre 2024, Mme D C, représentée par Me Marie-Caroline Hubert, demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, la suspension de la décision du préfet de police accordant le concours de la force publique aux fins d'expulsion du logement qu'elle occupe, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) de mettre à la charge de l'État (Préfet de police) une somme de 1 500 euros en application de l'article 37, alinéa 2, de la loi du 10 juillet 1991 ; ou à défaut, mettre à la charge de l'Etat (Préfet de Police) une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de condamner le préfet de police de paris aux entiers dépens.

Elle soutient que :

- l'urgences est caractérisée dès lors que :

o l'expulsion peut être prise à tout moment à compter du 25 octobre 2024 ;

o elle n'a pas de solution de relogement ;

- le doute sérieux quant à la légalité de la décision est caractérisée dès lors que :

o l'auteur de l'acte est incompétent ;

o la décision est entachée de vices de procédure ;

o la décision est entachée d'erreurs manifeste d'appréciation ;

o la décision porte atteinte à l'ordre public.

Par un mémoire enregistré le 31 octobre 2024, la société Jim conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme C.

Elle soutient que l'urgence n'est pas caractérisée et qu'aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision ne peut être relevé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 novembre 2024, le Préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- l'urgence n'est pas caractérisée dès lors que :

o aucun rendez-vous n'a été fixé avant le 1er novembre et ne pourra être fixé avant le 1er avril 2025 compte tenu de la très hivernale ;

o son niveau de revenu lui permettrait de se loger même si ce n'est pas à Paris

- aucun doute sérieux n'est caractérisé quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 19 octobre 2024 sous le numéro 2428155 par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code des procédures civiles d'exécution ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Yahiaoui, greffière d'audience, M. B a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Hubert, pour Mme C ;

- les observations de M. A, pour le préfet de police ;

- et les observations de Me Canedo pour la société Jim.

La clôture a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

1. En raison de l'urgence, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre, à titre provisoire, Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

3. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. Mme C demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision révélée par le courrier du 16 octobre 2024 par laquelle le préfet de police a accordé le concours de la force publique pour l'expulser du logement qu'elle occupe à Paris (75019). Pour justifier de l'urgence, la requérante fait valoir que l'expulsion peut être prise à tout moment à compter du 25 octobre 2024 et qu'elle n'a pas de solution de relogement. Toutefois, il est constant que, à la date de la présente ordonnance, à laquelle doit être appréciée la condition d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, le préfet n'est plus en mesure de procéder à l'expulsion de Mme C de son logement dès lors que la période de trêve hivernale prescrite par les dispositions de l'article L. 412-6 du code des procédures civiles d'exécution a débuté depuis le 1er novembre 2024 et s'achèvera le 31 mars 2025. Dans ces conditions, et pour ce seul motif,

Mme C ne peut être regardée comme justifiant d'une situation d'urgence.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de suspension de la requête de Mme C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions au titre du remboursement des frais de l'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme C est provisoirement admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D C, au ministre de l'intérieur, à la société Jim et à Me Hubert.

Copie en sera adressée au Préfet de police .

Fait à Paris, le 6 novembre 2024.

Le juge des référés,

J-Ch. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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