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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2428244

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2428244

mardi 18 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2428244
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. D, ressortissant sri lankais, contestant l’arrêté du préfet de police du 11 septembre 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que les moyens soulevés, notamment l’incompétence du signataire, l’insuffisance de motivation, le défaut d’examen sérieux et l’erreur manifeste d’appréciation, étaient soit manifestement infondés, soit non assortis de précisions suffisantes. Cette décision a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, permettant de rejeter par ordonnance les requêtes ne comportant que des moyens manifestement infondés ou insuffisamment précis.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 octobre 2024, M. E, représenté par Me Castejon, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 septembre 2024 par laquelle le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination duquel il sera éloigné et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai de quinze jours suivant la décision à intervenir et le cas échéant lui octroyer un délai afin qu'il fournisse les pièces nécessaires à l'enregistrement de sa demande d'asile ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article 75 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'insuffisance de motivation ;

- elle révèle un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'elle emporte sur sa situation ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle illégale par exception d'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire ;

- elle est entachée d'un défaut de base légale ;

- elle est entachée d'insuffisance de motivation ;

- elle révèle un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'elle emporte sur sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2024, le préfet de police représenté par Me Termeau conclut au rejet de la requête au motif que les moyens ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 25 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 décembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant sri lankais né le 15 mars 1996, demande l'annulation de la décision du 11 septembre 2024 par laquelle le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination duquel il sera éloigné et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.() ".

3. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-01258 du 22 août 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris, le préfet de police a donné délégation à M. B C, attaché d'administration de l'Etat, pour signer tous actes, arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué, qui manque en fait, doit être écarté comme manifestement infondé.

4. L'arrêté comporte les considérations de droit et de fait qui constituent son fondement. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision doit ainsi être écarté comme manifestement infondé.

5. M. D ne donne aucune précision sur les raisons pour lesquelles le préfet de police ne serait pas livré à un examen particulier de sa situation personnelle avant de prononcer une mesure d'éloignement à son encontre. Par suite, ce moyen doit être écarté comme n'étant pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

6. Si M. D soutient qu'il est empêché de déposer une demande d'asile, il ne produit aucune pièce de nature à étayer ses allégations. Dans ces circonstances, le moyen tiré de ce que le préfet de police aurait commis une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de sa décision sur la situation personnelle du requérant doit être écarté comme n'étant pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

7. Eu égard à ce qui a été dit aux points 3 à 5, le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour serait privée de base légale en conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ne peut pas être accueilli.

8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. D ne comporte que des moyens de légalité externe manifestement infondés ou des moyens qui ne sont manifestement pas assortis de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation de M. D, qui n'a pas annoncé de mémoire complémentaire, sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions aux fins d'injonction et de celles présentées au titre des frais du litige.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D et au préfet de police.

Fait à Paris, le 18 février 2025.

La présidente de la 3ème section,

P. Bailly

La République mande et ordonne au préfet de police, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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