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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2428874

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2428874

mardi 19 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2428874
TypeOrdonnance
Avocat requérantGIUDICELLI-JAHN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 octobre 2024, Mme A, représentée par Me Guidicelli-Jahn, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 7 août 2023 par laquelle le préfet de police a implicitement rejeté sa demande d'enregistrement de renouvellement de titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer, sous une astreinte de cinquante euros par jour à compter de la notification de l'ordonnance, un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à séjourner et à travailler en France dans l'attente de l'examen de sa demande et du jugement au fond ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de mille deux-cent euros au titre des frais exposés pour sa défense en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique sous réserve que cette avocate renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- l'urgence, présumée, en l'espèce, est justifiée en outre dès lors que le refus de renouvellement de son titre de séjour porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, sa situation actuelle l'expose à un éloignement éventuel du territoire français et la séparation en conséquence de son époux et de son enfant ; en outre, cette situation l'expose à une suspension de ses droits à l'assurance maladie ;

- sont propres, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision verbale attaquée, les moyens tirés de :

- l'incompétence de son auteur ;

- l'absence de sa motivation ;

- la méconnaissance de l'article R. 432-12 et de l'article R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation administrative, familiale et de son état de santé ;

- la méconnaissance de l'article L. 423-2, de l'article L. 435-1 et de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la méconnaissance des articles L.423-7 et L.423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 24 juin 2024 sous le numéro 2417447 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe présumée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

3. D'une part, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : / 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. () " Aux termes de l'article L. 411-1 de ce code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France ou du livre II, tout étranger âgé de plus de dix-huit ans qui souhaite séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois doit être titulaire de l'un des documents de séjour suivants : 1° Un visa de long séjour ; / 2° Un visa de long séjour conférant à son titulaire, en application du second alinéa de l'article L. 312-2, les droits attachés à une carte de séjour temporaire ou à la carte de séjour pluriannuelle prévue aux articles L. 421-9, L. 421-11 ou L. 421-14 à L. 421-24 () " Il résulte de ces dispositions que lorsqu'un étranger présente, après l'expiration du délai de renouvellement du titre qu'il détenait précédemment, une nouvelle demande de titre de séjour, celle-ci doit être regardée comme une première demande.

4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Mme A a procédé à des premières démarches en vue du renouvellement de son titre de séjour au plus tard le 22 mai 2023, date figurant sur la convocation qui lui a été adressée par la préfecture de police, soit sept jours afin la date d'expiration du titre qu'elle détenait alors, soit après l'expiration du délai imparti, en vertu des dispositions citées au point précédent, pour présenter une demande de renouvellement de ce titre. Elle doit ainsi être regardée comme ayant présenté une première demande de titre de séjour et n'est dès lors pas fondée à se prévaloir de la présomption d'urgence attachée aux demandes de renouvellement de titre.

5. D'autre part, pour justifier l'urgence requises des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, Mme A fait valoir que la décision qu'elle conteste est de nature à porter atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors que cette décision l'expose à une mesure d'éloignement qui aurait pour conséquence de la séparer de son époux et de son fils et de la priver des droits ouverts à son nom à l'assurance maladie. Ces éléments toutefois, compte tenu du délai écoulé entre la date du 29 mai 2023 d'expiration du dernier titre détenu par la requérante et la date de l'introduction de la requête, ne sont pas de nature à eux seuls, alors qu'aucune justification du délai ainsi écoulé de plus d'une année n'est apportée par les écritures, à caractériser l'urgence qui s'attacherait à la suspension des effets de la décision attaquée.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A ne peut qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et à Me Guidicelli-Jahn.

Fait à Paris, le 19 novembre 2024.

Le juge des référés,

J.-F. B

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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