lundi 4 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2429059 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | CABINET THEMIS AVOCATS & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 octobre 2024, M. A C, représenté par la SCP Themis Avocats et Associés, demande au juge des référés, saisi en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 14 août 2024 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice a ordonné son transfert du centre de détention de Villenauxe-la-Grande vers le centre pénitentiaire de Lannemezan, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, au profit de son conseil, le versement de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il souffre psychologiquement de l'éloignement avec sa compagne qui, au regard de ses problèmes médicaux, ne peut lui rendre visite en détention car ceux-ci l'empêchent de faire des trajets motorisés, qu'il est en détresse psychologique et affective et que la décision attaquée viole de manière grave et immédiate ses intérêts en le privant de jouir de son droit à une vie privée et familiale normale ;
- sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée les moyens propres tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte et de la personne ayant sollicité son transfert, du défaut d'avis du juge de l'application des peines et du procureur de la République, de l'erreur d'appréciation dont elle est entachée et de l'atteinte au droit à mener une vie familiale.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2429063 le 31 octobre 2024 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Delesalle pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article R. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est détenu au centre pénitentiaire de Lannemezan suite à son transfert, par une décision du 14 août 2024 du garde des sceaux, ministre de la justice, du centre de détention de Villenauxe-la-Grande. Par la présente requête, M. C demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée. Aux termes de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le demandeur, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice l' affecté au centre pénitentiaire de Lannemezan, dans le département des Hautes-Pyrénées, M. C le requérant soutient qu'il souffre psychologiquement de l'éloignement avec son épouse qui a des problèmes médicaux l'empêchant de faire des trajets motorisés et ne peut lui rendre visite en détention, qu'il est en détresse psychologique et affective et que la décision attaquée viole de manière grave et immédiate ses intérêts en le privant de jouir de son droit à une vie privée et familiale normale. Toutefois, il n'établit pas être dans une détresse psychologique telle que serait nécessaire à bref délai le transfert de son centre de détention actuel qu'il a par ailleurs intégré récemment suite à son exclusion pour mesure d'ordre du centre de détention de Villenauxe-la-Grande, situé dans le département de l'Aube. Par ailleurs, il ne justifie pas que la décision attaquée le transférant dans un établissement des Hautes-Pyrénées aurait pour effet de porter atteinte à son droit à une vie familiale normale alors que s'il résulte du certificat médical du 17 juin 2024 que sa compagne ne peut faire des déplacements motorisés, celle-ci ne pouvait d'ores et déjà pas faire de déplacement en raison de son état de santé alors même que son centre de détention se situait alors, à l'époque, dans le département de l'Aube, département moins éloigné géographiquement du lieu de domicile francilien de sa compagne. Dès lors, M. C ne justifie pas que la décision attaquée porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à sa situation et la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il y ait lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, que sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et à la SCP Themis Avocats et associés.
Fait, à Paris, le 4 novembre 2024.
Le juge des référés,
H. Delesalle
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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