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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2429310

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2429310

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2429310
TypeDécision
PublicationD
Avocat requérantROSIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 novembre 2024, M. C, représenté par Me Rosin, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article

L. 521-1 du code d justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour en sa qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre à titre principal au préfet territorialement compétent, de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle au regard de sa qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire, dans un délai de 30 jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente et dans un délai de 48 heures, une attestation de prolongation d'instruction de sa demande l'autorisant à travailler ; à titre subsidiaire au préfet territorialement compétent de réexaminer et statuer sur la demande de titre de séjour du requérant dans un délai de quinze jours sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de munir le requérant d'un document provisoire de séjour assorti d'une autorisation de travail le temps de ce réexamen dans un délai de 48 heures, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros hors taxe à Me Rosin sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'urgence est présumée dès lors qu'il s'agit d'un renouvellement de titre de séjour ; que son contrat de travail à durée indéterminée a été suspendu en raison de l'expiration de son titre de séjour ; il est maintenu dans une situation de précarité administrative ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision de refus qui lui est opposée car elle est insuffisamment motivée et elle méconnait les articles L. 424-9, L. 424-12 et R.424-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2024, le préfet de police conclut à titre principal au rejet de la requête pour défaut d'urgence et à titre subsidiaire, au non-lieu à statuer sur ces conclusions aux fins de suspension et d'injonction ; et en tout état de cause, au rejet de celles présentées au titre des dispositions de l'article L 761-1 du CJA.

Il soutient que :

- M. A a été mis en possession, via son compte ANEF, d'une nouvelle attestation de prolongation d'instruction (API) l'autorisant à travailler valable du

6 novembre 2024 au 5 mai 2025.

Par un mémoire, enregistré le 14 novembre 2024, M. A, représenté par Me Rosin, déclare se désister de ses conclusions à fins de suspension et d'injonction mais maintient ses autres conclusions.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné M. Gros, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Lors de l'audience publique s'étant tenue le 14 novembre 2024 à 14h en présence de

Mme Labbaci, greffière d'audience, le rapport de M. Gros a été entendu, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

3. Il résulte de l'instruction que M. A, ressortissant afghan né le 19 janvier 1999, qui s'est vu reconnaître le bénéfice de la protection subsidiaire par l'Office français de la protection des refugies et apatrides (OFPRA) le 20 novembre 2023, a demandé une carte de de séjour à ce titre. Une attestation de prolongation d'instruction (API) l'autorisant à travailler lui a été délivrée pour la période du 19 décembre 2023 au 18 juin 2024. Cette API a été renouvelée jusqu'au

10 septembre 2024. Par une requête enregistrée le 4 novembre 2024, le requérant demande au tribunal la suspension de la décision implicite de refus de délivrance de titre de séjour née en raison du silence gardé par l'administration pendant plus de quatre mois. A la suite de quoi, l'intéressé a été mis en possession via son compte ANEF d'une API valable du 6 novembre 2024 au

5 mai 2025.

4. Par un acte, enregistré le 14 novembre 2024, M. A déclare se désister de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les frais liés au litige :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Rosin renonce à percevoir la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Rosin de la somme de

1 000 euros, en application de l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée définitivement à M. A, la somme de 1.000 euros lui sera versée en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE:

Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions de la requête de M. A tendant à la suspension d'exécution et à fins d'injonction.

Article 3 : Sous réserve que Me Rosin renonce à percevoir la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Rosin de la somme de 1 000 euros, en application de l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée définitivement à M. A, la somme de 1.000 euros lui sera versée en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A, Me Rosin et au préfet de police.

Fait à Paris, le 5 décembre 2024.

Le juge des référés,

L. GROS

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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