mercredi 11 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2429648 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | FALALA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 novembre 2024 et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 15 novembre 2024 et 19 novembre 2024, M. C, Mme G, M. E, Mme E, Mme H, Mme D et l'indivision I, représentés par
Me Gorand, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté par lequel la maire de Paris ne s'est pas opposée à la déclaration préalable du 16 juillet 2024 n°DP075 106 24 V0238 accordée à la société
Five Guys France.
2°) de mettre à la charge de la ville de Paris la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- en leur qualité de voisins immédiats du projet, les travaux autorisés sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leur bien, dès lors qu'ils devront supporter les odeurs de cuisine du nouveau restaurant et verront apparaître des nuisibles à cause des restes alimentaires, altérant ainsi la valeur financière de leur bien ;
- leur requête au fond est recevable ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la construction présente un caractère difficilement réversible ;
- il existe un doute sérieux sur la compétence de l'autorité autrice de l'acte sauf à produire une délégation présentant toutes ces caractéristiques ;
- les travaux, ayant pour objet un changement de sous-destination et la modification d'une façade, doivent faire l'objet d'un permis de construire et d'une autorisation d'urbanisme unique en application de l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme ;
- la société Five Guys France a commis une fraude, en déposant une demande de permis de construire sur une parcelle où elle ne disposait d'aucun droit à construire, dans la volonté d'induire en erreur les services instructeurs de la mairie de Paris afin d'obtenir l'autorisation d'urbanisme litigieuse, au regard de l'article R. 423-1 du Code de l'urbanisme ;
- il existe un doute sérieux sur le caractère complet du dossier de permis de construire, dès lors qu'il ne comprend ni la mention de la visibilité de la future construction depuis la voie publique ni d'éléments permettant d'apprécier l'insertion visuelle du projet, empêchant ainsi une appréciation adéquate du projet par les services consultés et instructeurs dans ce projet ;
- il existe un doute sérieux sur le respect, d'une part, de l'article UG11.1.1 du plan local d'urbanisme, dès lors que la gaine d'extraction générera un impact visuel certain, et d'autre part, de l'article UG11.2.2 dès lors que la gaine d'extraction prévue dépassera le faîtage de la construction.
La requête a été communiquée à la Maire de Paris qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par un mémoire enregistré le 10 décembre 2024, la société Five Guys France, représentée par Me Le Mière, conclut au non-lieu à statuer eu égard à la disparition du litige, dès lors qu'elle a demandé le retrait de l'autorisation d'urbanisme en litige et que la ville de Paris a retiré, par un arrêté du 10 décembre 2024, la décision du 16 juillet 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Par une requête n° 2429648, enregistrée 14 novembre 2024, M. C et autres demandent l'annulation de l'arrêté du 16 juillet 2024 par lequel la maire de Paris n'a pas fait opposition à la déclaration préalable pour l'exécution des travaux déclarés par la société Five Guys dédiés à la pose d'un conduit d'extraction en façade sur cour au 133-139 rue de Rennes 75006 Paris.
Le président du tribunal a désigné Mme Herman Jager, vice-présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, en présence de Mme Rajaobelison, greffière d'audience :
- le rapport de Mme F A,
- les observations de Me Akli, substituant Me Gorand, représentant les requérants.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Five Guys France, bénéficiaire de la décision de non opposition en litige, a informé le juge des référés, par un courrier enregistré le 10 décembre 2024, qu'elle a, en sa qualité de bénéficiaire, sollicité le 6 décembre 2024, le retrait de l'autorisation d'urbanisme n°DP 075 106 24 V0238 qui lui avait été accordée par la maire de Paris, le 16 juillet 2024 et que par un arrêté du 10 décembre 2024, la maire de Paris a retiré la décision de non-opposition précitée. Il suit de là que la demande de suspension de l'exécution de la décision en litige est devenue sans objet, par retrait de la décision en litige et donc, par disparition de la situation d'urgence. Il n'y a donc pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension présentées par M. C et autres. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la ville de Paris la somme de 3 000 euros demandée par les requérants, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension de la requête n° 2429648.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée M. B C, représentant unique, à la Ville de Paris et à la société Five Guys France.
Fait à Paris, le 11 décembre 2024.
La juge des référés
V. F A
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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