jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2429969 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | CABINET LFMA (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 novembre 2024, Mme B A, représentée par Me Lerein, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation et de lui délivrer une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de carte de séjour pluriannuelle dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros à verser à son conseil, au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé de la suspension demandée doit être regardée comme remplie, dès lors que l'urgence est présumée en cas de refus de renouvellement d'un titre de séjour, qu'elle risque de perdre son emploi et le bénéfice de ses droits sociaux, alors qu'elle est seule à assurer la charge de sa fille mineure ;
- il y a un doute sérieux quant à la légalité de la décision du préfet de police ; en effet, cette décision est entachée d'incompétence et d'un défaut de motivation, et méconnait les dispositions des articles L. 423-1, L. 423-14, L. 424-13 et R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête, ou, à titre subsidiaire, au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de suspension et d'injonction et au rejet des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que Mme A s'est vue délivrer une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 18 février 2025.
Par un mémoire, enregistré le 25 novembre 2024, Mme A demande au juge des référés de constater qu'il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction et indique maintenir ses conclusions présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le dossier de la requête au fond enregistrée le 12 novembre 2024 sous le n° 2429967 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Fouassier pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, qui s'est tenue le 26 novembre 2024, en présence de Mme Doucet, greffière d'audience, le rapport de M. Fouassier, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de sa requête, Mme A s'est vue délivrer une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 18 février 2025. Dans ces conditions, les conclusions de Mme A aux fins de suspension et d'injonction sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur les frais liés à l'instance :
3. Mme A n'étant pas bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, son avocate ne peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme A de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête de Mme A.
Article 2 : L'État versera à Mme A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à Me Lerein et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris le 5 décembre 2024.
Le juge des référés,
C. FOUASSIER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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