LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2429993

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2429993

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2429993
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS (SELARL)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé, a examiné la demande de suspension de la décision du préfet de police refusant d'enregistrer la demande de prolongation de visa de court séjour pour soins de M. B, ressortissant algérien. Le juge a considéré que la condition d'urgence était remplie en raison de la précarité administrative et des risques pour la santé du requérant. Il a également estimé qu'il existait un doute sérieux sur la légalité de la décision, le préfet ayant imposé un mode de dépôt dématérialisé non prévu par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. En conséquence, la suspension de l'exécution de la décision a été ordonnée, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Benane, demande à la juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 11 septembre 2024 par laquelle le préfet de police a refusé d'enregistrer sa demande de prolongation de visa de court séjour valant autorisation provisoire de séjour pour soins ;

2°) d'enjoindre au préfet de police d'enregistrer sa demande de prolongation de visa de court séjour dans un délai fixé par le tribunal, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de dire que cette astreinte sera intégralement liquidée à son profit tous les sept jours sans autre formalité ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de l'instruction de sa demande de prolongation de visa de court séjour dans un délai fixé par le tribunal, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de dire que celle-ci sera intégralement liquidée à son profit tous les sept jours sans autre formalité ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- la condition d'urgence doit en principe être constatée ;

- la décision litigieuse crée une rupture dans son droit au séjour et le place dans une situation de précarité administrative sur le territoire français pour une durée indéterminée, alors même qu'il remplit toutes les conditions pour bénéficier d'une prolongation de son visa de court séjour ;

- la situation dans laquelle il est placé a des conséquences sur son état psychologique et affecte son état de santé, lequel est déjà très précaire ;

- il risque de faire l'objet de façon imminente d'une mesure d'éloignement ;

- le refus d'enregistrement de sa demande de prolongation de son visa place ses six enfants, qui résident en Algérie, dans une situation de grande précarité, son épouse étant dans l'incapacité d'assurer des déplacements réguliers pour s'occuper d'eux et répondre à leurs besoins de manière stable ;

- la décision litigieuse le place en situation irrégulière alors qu'il a fait toutes les démarches pour maintenir son droit de séjour sur le territoire national ;

Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :

- la décision litigieuse est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- la demande qu'il a présentée ne figure pas dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et elle doit donc être effectuée directement à la préfecture ;

- le préfet a entaché la décision litigieuse d'une erreur de droit au regard des stipulations du paragraphe 5 du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien ;

- il remplit les conditions de délivrance d'une autorisation provisoire de séjour ;

- il a déposé un dossier complet ;

- la décision litigieuse méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Vu :

- les autres pièces du dossier,

- la requête n° 2428588 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision litigieuse.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968,

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Marzoug pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 26 novembre 2024, en présence de Mme Fleury, greffière d'audience, Mme Marzoug a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Riachy, représentant M. B, lequel a repris à la barre les moyens invoqués dans la requête et a fait valoir que le requérant n'a pas présenté une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article 6 7) de l'accord franco-algérien mais une demande sur le fondement des stipulations du paragraphe 5 du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien et que le préfet de police n'a pas examiné la demande présentée par le requérant, a commis une erreur s'agissant du fondement de cette demande et lui a imposé un mode de dépôt de sa demande d'autorisation provisoire de séjour irrégulier.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 7 août 1976, est entré en France muni d'un visa de court séjour le 20 avril 2024. Il a présenté, par courrier daté du 10 juillet 2024, reçu par le préfet de police le 15 juillet 2024, une demande d'autorisation provisoire de séjour en qualité d'étranger malade sur le fondement des stipulations du paragraphe 5 du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par une décision du 11 septembre 2024, le préfet de police a refusé d'enregistrer sa demande au motif qu'en application de l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et depuis le 28 novembre 2023, la demande de titre de séjour " étranger malade " doit être effectuée directement par voie dématérialisée au moyen du téléservice " Administration numérique pour les étrangers en France " (ANEF). Le requérant demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision du 11 septembre 2024.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (). ".

En ce qui concerne l'urgence :

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. Il résulte de l'instruction que le requérant qui est entré régulièrement en France le 20 avril 2024 a entrepris, en temps utile, les démarches auprès de la préfecture de police pour maintenir son droit de séjour sur le territoire national. Ainsi, il est fondé à soutenir que la décision litigieuse le place en situation irrégulière. Par suite, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie, ce qui n'est d'ailleurs pas contesté par le préfet de police, qui n'a pas produit d'écritures en défense et qui n'était ni présent ni représenté à l'audience.

En ce qui concerne le moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse :

5. Il résulte de l'instruction que le requérant a présenté une demande d'autorisation provisoire de séjour sur le fondement des stipulations du paragraphe 5 du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien aux termes duquel " Les ressortissants algériens admis dans des établissements de soins français et n'ayant pas leur résidence habituelle en France peuvent se voir délivrer par l'autorité française compétente, après examen de leur situation médicale, une autorisation provisoire de séjour, renouvelable le cas échéant. " et non une demande de certificat de résidence sur le fondement de l'article 6 7) de cet accord qui dispose que " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays. () ". Ainsi, en l'état de l'instruction, les moyens tirés de ce que le préfet de police a commis une erreur s'agissant du fondement de la demande présentée par M. B et de ce qu'il lui a imposé de déposer sa demande d'autorisation provisoire de séjour par voie dématérialisée sur le site de l'ANEF sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.

6. Les deux conditions fixées par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant remplies, il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de la décision litigieuse, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

7. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ". Il appartient au juge des référés d'assortir sa décision de suspension des seules obligations provisoires qui en découlent pour l'administration.

8. L'exécution de la présente ordonnance implique qu'il soit enjoint au préfet de police d'examiner la demande d'autorisation provisoire de séjour sur le fondement des stipulations du paragraphe 5 du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien présentée par M. B dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution de la décision du 11 septembre 2024 par laquelle le préfet de police a refusé d'enregistrer la demande d'autorisation provisoire de séjour présentée par M. B est suspendue.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de police d'examiner la demande d'autorisation provisoire de séjour sur le fondement des stipulations du paragraphe 5 du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien présentée par M. B dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 3 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 9 décembre 2024.

La juge des référés,

S. Marzoug

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2429993/6

← Retour aux décisions