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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2430038

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2430038

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2430038
TypeDécision
Avocat requérantBECHIEAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 novembre 2024, Mme B A, représentée par Me Bechieau, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de modifier, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le dispositif de l'ordonnance n° 2426519/2 rendue le 15 octobre 2024 par le juge des référés du tribunal administratif de Paris sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, en enjoignant au préfet de police d'assortir l'autorisation provisoire de séjour qui lui a été délivrée d'une autorisation de travail, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil, au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que le préfet de police n'a pas entièrement exécuté l'ordonnance du 15 octobre 2024, dès lors que l'autorisation provisoire de séjour qui lui a été délivrée n'était pas assortie d'une autorisation de travail, ce qui constitue un élément nouveau au sens de l'article L. 521-4 du code de justice administrative qui justifie que l'injonction prononcée soit assortie de l'astreinte demandée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2024, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'injonction, et au rejet des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que la requérante a été invitée à se présenter à la préfecture de police le 22 novembre 2024 pour se voir remettre une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.

Par un mémoire, enregistré le 25 novembre 2024, Mme A indique ne maintenir que ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu :

- l'ordonnance n° 2426519 du 15 octobre 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Paris ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Fouassier pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique, qui s'est tenue le 26 novembre 2024, en présence de Mme Doucet, greffière d'audience, le rapport de M. Fouassier, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante sénégalaise née le 16 octobre 1979, a sollicité le renouvellement le 11 octobre 2022 de son titre de séjour portant mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 17 novembre 2022. Par un arrêté du 20 août 2024, le préfet de police a refusé la délivrance du titre de séjour demandé, a fait obligation à Mme A de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme A a demandé au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté en tant qu'il porte refus de délivrance d'un titre de séjour. Par une ordonnance n° 2426519 du 15 octobre 2024, le juge des référés a suspendu l'exécution de cette décision et a enjoint au préfet de police de réexaminer la demande de titre de séjour présentée par Mme A dans un délai de quatre mois à compter de la notification de cette ordonnance et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quinze jours. Mme A demande désormais au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de modifier le dispositif de cette ordonnance en enjoignant au préfet de police d'assortir l'autorisation provisoire de séjour qui lui a été délivrée en exécution de cette ordonnance d'une autorisation de travail, sous astreinte de 300 euros par jour de retard.

Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre provisoirement Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

3. Par un mémoire, enregistré le 25 novembre 2024, Mme A indique ne maintenir que ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Elle doit dès lors être regardée comme se désistant de ses conclusions à fin de modification du dispositif de l'ordonnance n° 2426519 du 15 octobre 2024. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les frais liés à l'instance :

4. Il résulte de ce qui a été dit au point 2 que Mme A est provisoirement admise à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Bechieau, avocate de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Bechieau de la somme de 1 100 euros.

O R D O N N E

Article 1er : Mme A est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il est donné acte du désistement de Mme A de ses conclusions à fin de modification du dispositif de l'ordonnance n° 2426519 du 15 octobre 2024 en vue de son exécution.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Bechieau renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Bechieau la somme de 1 100 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à Me Bechieau et au ministre de l'intérieur.

Copie sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris le 5 décembre 2024.

Le juge des référés,

C. FOUASSIER

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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