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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2430478

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2430478

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2430478
TypeOrdonnance
Avocat requérantARROM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2024, Mme B C, représentée par Me Arrom, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours et de la munir d'un récépissé ou d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de deux jours à compter de la notification du jugement durant le temps du réexamen, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son avocate de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- l'urgence présumée, en l'espèce, est, en outre caractérisée par sa situation financière très précaire ;

- sont propres à créer un doute sérieux quant la légalité de la décision attaquée les moyens tirés de ce que cette décision :

- n'est pas motivée ;

- elle méconnait les articles L. 423-7 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les stipulations du 1 de l'article 3 la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 18 novembre sous le numéro 2430474 par laquelle Mme B C demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant qui suit :

Sur l'admission au bénéfice, à titre provisoire, de l'aide juridictionnelle :

1. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission, à titre provisoire, de Mme B C au bénéfice de l'aide juridictionnelle sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Sur les conclusions à fin de suspension :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. Aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire () ". Aux termes de l'article L. 411-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France ou du livre II, tout étranger âgé de plus de dix-huit ans qui souhaite séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois doit être titulaire de l'un des documents de séjour suivants : () 4° Une carte de séjour pluriannuelle () "

4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe présumée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

5. Il résulte de l'instruction que Mme B C n'a demandé le renouvellement de son titre de séjour qui expirait le 10 juin 2023 que le 31 mai précédent, soit hors du délai prévu à l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui impose la présentation d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour dans un délai compris entre le cent-vingtième et le soixantième jour précédant l'expiration de ce titre. Dans ces conditions, Mme B C n'est pas fondée à invoquer la présomption d'urgence et il lui appartient d'établir que la décision attaquée préjudicierait de manière suffisamment grave et immédiate à ses intérêts pour justifier la suspension de son exécution dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant au fond sur sa légalité. Par sa requête, la requérante se limite à faire valoir une dette de loyers d'habitation et qu'elle se trouve dans une situation de grande précarité. Si elle justifie par la production d'une quittance de loyer du mois de octobre 2024 d'un solde au profit de son bailleur social représentant un montant de près de dix fois celui de ce loyer, elle ne précise pas se procurer des revenus et être empêchée d'exercer une activité rémunérée du fait de la décision attaquée ni ne précise en quoi cette décision intervenue, au demeurant, déjà depuis plusieurs mois, serait à l'origine de ses difficultés financières et, ainsi, porterait une atteinte grave et immédiate à sa situation personnelle et celle de ses enfants. Dès lors, la condition d'urgence qui n'est pas présumée, dans les circonstances de l'espèce, n'est pas davantage caractérisée par la requête et les pièces qui y sont annexées.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B C ne peut qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B C est admise au bénéfice, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de Mme B C est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B C, au préfet de police et à Me Arrom.

Fait à Paris, le 3 décembre 2024.

Le juge des référés,

J.-F. D

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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