mercredi 11 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2430710 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | HAMIDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Martin Hamidi, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de police de lui permettre de déposer sa demande de titre de séjour en ligne ou de le convoquer afin qu'il puisse déposer son dossier de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé, sous réserve d'un dossier complet, dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1990.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré 27 novembre 2024, le préfet de police conclut, à titre principal, au rejet des conclusions de la requête de M. A pour défaut d'urgence et, à titre subsidiaire, à ce qu'il n'y ait pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction de M. A et au rejet des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que M. A a été muni le 19 novembre 2024, via son compte ANEF, d'une nouvelle attestation de prolongation d'instruction, valable jusqu'au 18 mai 2025.
Par une décision du 13 novembre 2024, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Perrin pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. " Le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte d'un désistement ou constater un non-lieu.
2. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. A, ressortissant afghan, né le 4 septembre 1998, a été reconnu réfugié et a déposé une demande de carte de résident, sur l'ANEF, le 21 décembre 2023, et a été muni, dans le cadre de l'instruction de sa demande, d'attestations de prolongation d'instruction dont la dernière a expiré le 9 septembre 2024. Par suite, ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de police de lui permettre de déposer sa demande de titre de séjour sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
3. En second lieu, il résulte de l'instruction, ainsi que l'a soutenu le préfet de police dans ses écritures en défense, que M. A a été muni, via son compte ANEF, d'une nouvelle attestation de prolongation d'instruction valable du 19 novembre 2024 au 18 mai 2025. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte tendant à la délivrance d'un récépissé, sous réserve du dépôt d'un dossier complet, présentées par M. A, sont devenues sans objet.
4. Dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Hamidi, conseil de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, il y a lieu de mettre à la charge de l'État, le versement à Me Hamidi de la somme de 800 euros au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte tendant à la délivrance d'un récépissé.
Article 2 : L'Etat versera la somme de 800 (huit cents) euros à Me Hamidi en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Hamidi renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Hamidi et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 11 décembre 2024.
La juge des référés,
A. Perrin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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