jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2430862 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | DE SEZE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2024, Mme B A, représentée par Me de Seze, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
3°) d'enjoindre au préfet compétent, à titre principal, de lui délivrer une carte de résident en qualité de parent d'enfant réfugié ou, à défaut, une attestation de prolongation d'instruction lui permettant de travailler, dans un délai de 10 jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation administrative, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- cette condition est remplie, en raison de la durée anormalement longue de l'instruction de sa demande de titre de séjour en qualité de parent d'un enfant réfugié, qui dure depuis plus de cinq mois ; en outre, cette situation lui fait craindre de subir un contrôle et de ne pas être en mesure de justifier de la régularité de son séjour ; elle se retrouve sans ressources et ne perçoit pas de prestations sociales ; par ailleurs, elle ne peut déposer une demande de logement social.
Sur le doute sérieux :
- la décision est entachée d'une erreur de droit, dès lors que sa fille s'est vu reconnaître la qualité de réfugiée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 12 juin 2024 ;
- elle est dépourvue de base légale ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations des articles 23 et 24 de la convention de Genève ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire, enregistré le 26 novembre 2024, Mme A, représentée par Me de Seze, informe le juge des référés du fait qu'il lui a été délivré, le 25 novembre 2024, une attestation de prolongation d'instruction de la part de la préfecture et déclare se désister de ses conclusions principales, mais maintient ses conclusions présentées au titre des frais d'instance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2024, le préfet de police conclut, à titre principal, au rejet de l'ensemble des conclusions de la requête pour défaut d'urgence et, à titre subsidiaire, au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction et au rejet des conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2430863 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Perrin pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Henry, greffière d'audience, Mme Perrin a lu son rapport, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante ivoirienne, née le 20 janvier 1997, dont la fille s'est vue reconnaitre la qualité de réfugiée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 12 juin 2024, a sollicité, le 25 juin 2024, la délivrance d'un titre de séjour en qualité de membre de famille d'un réfugié. Elle a reçu une confirmation de dépôt de sa demande de titre de séjour. Par la présente requête, l'intéressée demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement refusé de lui délivrer une carte de résident en tant que membre de famille d'un réfugié, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer, en application des dispositions citées ci-dessus, l'admission de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte d'un désistement ou constater un non-lieu à statuer.
5. Par un mémoire, enregistré le 26 novembre 2024, Mme A s'est désistée de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les frais d'instance :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me de Seze, avocat de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement, à Me de Seze, d'une somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A, par le bureau d'aide juridictionnelle, une somme de 800 euros sera versée au titre des frais d'instance à Mme A.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est donné acte du désistement de Mme A de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte.
Article 3 : Sous réserve que Me de Seze, avocat de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, l'Etat versera à Me de Seze une somme de 800 euros aux titres des frais d'instance. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A, par le bureau d'aide juridictionnelle, une somme de 800 euros sera versée au titre des frais d'instance à Mme A.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à Me de Seze et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 05 décembre 2024.
La juge des référés,
A. Perrin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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