mardi 4 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2431063 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés les
22 novembre 2024 et 9 et 20 janvier 2025, M. B A, représenté par Me Berdugo, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 novembre 2024 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné, ainsi que l'arrêté du même jour portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et de réexaminer sa situation administrative dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- elles sont insuffisamment motivées et sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa situation.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation au regard de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel oblige le préfet à procéder à la vérification du droit au séjour ;
- elle méconnaît les articles L. 432-13 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que la commission du titre de séjour n'a pas été saisie alors qu'il est présent depuis plus de dix ans sur le territoire français ;
- elle méconnaît les articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation quant à la menace à l'ordre public et viole le secret de l'instruction protégé par l'article 11 du code de procédure pénale.
En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :
- elle méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public et qu'il dispose de garanties de représentation.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 décembre 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour sont irrecevables, en l'absence d'une telle décision ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 10 janvier 2025, la clôture d'instruction a été fixée au 24 janvier 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en particulier son article 8 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ostyn ;
- les observations de Me Berdugo, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant guinéen né le 16 septembre 1990 à Kinshasa (République démocratique du Congo), entré en France en 2010 sous couvert d'un visa long séjour étudiant, a fait l'objet le 20 novembre 2024 d'un arrêté par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire et a fixé le pays à destination duquel il devait être éloigné. Par un arrêté du même jour, le préfet de police lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois. M. A demande l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur la fin de non-recevoir soulevée par le préfet de police :
2. Le préfet de police soutient que les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour présentées par M. A sont irrecevables en l'absence d'une telle décision. Il ressort des pièces du dossier que les arrêts attaqués concernent uniquement des décisions portant obligation de quitter le territoire français, de refus d'octroi de délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois. Par suite, les conclusions dirigées contre la décision portant refus de titre de séjour sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. ".
4. Ces dispositions sont issues en dernier lieu, dans leur rédaction applicable au litige, de l'article 37 de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration. Il ressort des travaux parlementaires ayant précédé son adoption que le législateur a notamment entendu codifier le principe selon lequel un étranger devant se voir attribuer de plein droit un titre de séjour ne peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Il a ainsi entendu imposer au préfet, avant l'édiction d'une obligation de quitter le territoire français, de vérifier plus largement le droit au séjour de l'étranger au regard des informations en sa possession résultant en particulier de l'audition de l'intéressé, compte tenu notamment de la durée de sa présence sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un droit au séjour, une telle vérification constituant ainsi une garantie pour l'étranger.
5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision portant obligation de quitter le territoire français comporte l'énoncé des circonstances de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, dès lors qu'elle vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier le 2° de son article L. 611-1 et mentionne, s'agissant des considérations de fait, que M. A déclare être entré en France en 2010, qu'il était titulaire d'un titre de séjour arrivé à expiration le 19 novembre 2022, n'en a pas sollicité le renouvellement dans les délais impartis et s'est maintenu sur le territoire français à l'expiration de ce titre. L'arrêté attaqué mentionne, enfin, que le requérant déclare être célibataire et sans enfant à charge. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français et du défaut d'examen sérieux de la situation de M. A ne peut qu'être écarté.
6. En deuxième lieu, si l'arrêté attaqué ne mentionne pas expressément que l'autorité préfectorale aurait procédé à la vérification mentionnée au point 4, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police n'aurait pas examiné le droit au séjour de M. A avant d'édicter l'obligation de quitter le territoire français. Le moyen tiré du défaut d'examen de la situation personnelle au regard de la vérification du droit au séjour prévue à l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc être écarté.
7. En troisième lieu, M. A soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les articles L. 432-13 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que la commission du titre de séjour n'a pas été saisie alors qu'il est présent depuis plus de dix ans sur le territoire français. Il fait, par ailleurs, valoir que le préfet de police a méconnu l'article L. 423-23 du même code. Ces moyens, qui se rattachent à la contestation des décisions portant refus d'admission exceptionnelle au séjour, doivent être écartés comme inopérants.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (). ".
9. M. A fait valoir que la décision portant obligation de quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale. Toutefois, s'il démontre résider de manière stable et continue sur le territoire français depuis 2010, soit depuis quatorze années à la date de la décision attaquée, il n'apporte aucun élément de nature à démontrer qu'il aurait établi en France le centre de ses intérêts personnels et familiaux, alors que le préfet de police a relevé dans les arrêtés attaqués, sans être contredit, que le requérant est célibataire et sans enfant à charge et que la circonstance que son père est décédé dans son pays d'origine et que sa mère résiderait de manière stable au Canada ne démontre pas l'existence d'une vie privée et familiale en France. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. A n'était ni étudiant, ni en emploi à la date de la décision attaquée. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français violerait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
10. En cinquième et dernier lieu, M. A soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreur d'appréciation quant à la menace à l'ordre public et viole le secret de l'instruction protégé par l'article 11 du code de procédure pénale. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que cette décision n'est pas fondée sur la menace à l'ordre public mais sur la circonstance que M. A était titulaire d'un titre de séjour arrivé à expiration le 19 novembre 2022, qu'il n'en a pas sollicité le renouvellement dans les délais prévus par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et s'est maintenu sur le territoire français à l'expiration de ce titre. Il s'ensuit que le présent moyen ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale (). "
12. En l'espèce, la décision portant refus de délai de départ volontaire comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. S'agissant des considérations de droit, elle vise l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. S'agissant des considérations de fait, elle mentionne que le comportement de M. A constitue une menace à l'ordre public au regard du comportement signalé par les services de police le 19 novembre 2024 pour des faits commis entre le 1er juillet 2023 et le 4 juin 2023 d'escroquerie en bande organisée, de recel de bien provenance d'une escroquerie commise en bande organisée, faux et usage de faux en écriture, faux et usage de faux documents administratifs et détention frauduleuse de plusieurs faux documents administratifs et qu'il existe un risque que le requérant se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet, dès lors qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes dans la mesure où il ne peut pas présenter de documents d'identité ou de voyage en cours de validité et ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant refus de délai de départ volontaire et du défaut d'examen de la situation du requérant ne peut qu'être écarté.
13. En second lieu, M. A fait valoir que la décision portant refus de délai de départ volontaire méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public et qu'il dispose de garanties de représentation suffisantes. Toutefois, d'une part, il ressort des pièces du dossier que le comportement de M. A a été signalé par les services de police le 19 novembre 2024 pour des faits commis entre le 1er juillet 2023 et le 4 juin 2023 d'escroquerie en bande organisée, de recel de bien provenance d'une escroquerie commise en bande organisée, faux et usage de faux en écriture, faux et usage de faux documents administratifs et détention frauduleuse de plusieurs faux documents administratifs. En outre, la circonstance, à la supposer établie, que des pièces auraient été produites à l'instance par le préfet de police en violation du secret de l'instruction protégé par l'article 11 du code de procédure pénale est sans incidence sur le bien-fondé de la décision attaquée. D'autre part, si le requérant justifie d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il est en mesure de présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, le passeport produit à l'instance ayant expiré le 20 octobre 2014 et les documents d'identité de M. A produits par le préfet de police dans son mémoire en défense étant également arrivés à expiration à la date de la décision attaquée. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision portant refus de délai de départ volontaire est entachée d'erreur de droit au regard de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
14. D'une part, aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions () d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ". Aux termes de l'article L. 612-6 du même code : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
15. En l'espèce, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. S'agissant des considérations de droit, elle vise les articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. S'agissant des considérations de fait, elle mentionne que le comportement de M. A constitue une menace à l'ordre public au regard du comportement décrit au point 13 et qu'il ne peut se prévaloir de liens suffisamment anciens, forts et caractérisés avec la France, étant constaté qu'il se déclare célibataire sans enfant à charge. Le moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français et du défaut d'examen complet et sérieux de la situation de M. A ne peut, ainsi, qu'être écarté.
16. D'autre part, il ressort de ce qui a été dit au point 9 que M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français violerait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni qu'elle serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles concernant les frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 11 février 2025, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
Mme Grossholz, première conseillère,
Mme Ostyn, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mars 2025.
La rapporteure,
Signé
I. OSTYN
Le président,
Signé
J.-C. TRUILHÉ
La greffière,
Signé
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au préfet de police ou au préfet territorialement compétent en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2503570
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. La juridiction a estimé que le préfet de police de Paris, en se fondant sur une condamnation pénale, n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 432-4, et a examiné le respect de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2424420
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande de décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu pour les années 2015 et 2016. Le requérant contestait la régularité de la proposition de rectification, notamment son caractère suffisamment motivé et son aptitude à interrompre le délai de reprise. Le tribunal a jugé que la proposition, notifiée après l'ouverture d'une procédure de retrait d'agrément, était régulière et a valablement interrompu le délai de reprise, conformément aux articles L. 57 du livre des procédures fiscales et 1649 nonies A du code général des impôts.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517132
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police du 17 juin 2025 ordonnant l'éloignement de M. A..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que l'administration n'avait pas procédé à un examen sérieux de la situation familiale du requérant, notamment de ses liens avec sa fille née en France, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint au préfet de délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer la situation dans un délai de trois mois, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2416373
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision implicite de refus de titre de séjour. Le requérant, un ressortissant malien, contestait ce refus intervenu sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Le tribunal a annulé la décision implicite pour défaut de motivation, l'administration n'ayant pas répondu à la demande de communication des motifs formulée sur le fondement de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Il a enjoint au préfet de réexaminer la demande dans un délai d'un mois.
01/04/2026