vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2431430 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | BOUTONNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Boutonnet demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de renouveler sa carte de résident en qualité de réfugié ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation dans un délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une attestation de prolongation de l'instruction l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 du 10 juillet 1991 ou, en l'absence d'obtention de l'aide juridictionnelle, le versement de la même somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite ; il est dans l'impossibilité de justifier son droit au séjour ; il ne peut justifier d'aucun droit au travail ; il peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée ; elle a été prise par une autorité incompétente ; elle méconnaît les articles L. 424-1 et L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 décembre 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire, au non-lieu à statuer.
Il fait valoir que le requérant ne justifie pas d'une situation d'urgence, ayant été mis en possession le 3 décembre 2024 d'une attestation de prolongation de l'instruction l'autorisant à travailler valable jusqu'au 2 juin 2025.
Par un mémoire, enregistré le 5 décembre 2024, M. B doit être regardé comme se désistant de ses conclusions à fin de suspension et maintenant ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- la requête par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision contestée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Aubert, vice-présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Aubert, juge des référés, a été entendu au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Louart, greffière d'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de cet article et eu égard à l'urgence à statuer, de prononcer l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la demande de référé :
3. M. B, ressortissant égyptien né le 20 août 1986, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de renouveler sa carte de résident en qualité de réfugié. Il résulte de l'instruction qu'une attestation de prolongation de l'instruction valable jusqu'au 2 juin 2025 a été remis à M. B le 3 décembre 2024. Par un mémoire enregistré le 5 décembre 2024, M. B acquiesce au non-lieu à statuer sur ses conclusions à fin de suspension opposé en défense et doit par suite être regardé comme se désistant de ces conclusions. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Ainsi qu'il vient d'être dit, M. B doit être regardé comme se désistant de ses conclusions à fin de suspension. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction, qui y sont accessoires, sont, en tout état de cause, devenues sans objet en cours d'instance. Dès lors, il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Boutonnet, sous réserve que celle-ci renonce à la part contributive de l'Etat. Dans l'hypothèse où M. B ne serait pas admis à l'aide juridictionnelle définitive, l'Etat lui versera cette somme en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est donné acte du désistement de M. B de ses conclusions à fin de suspension.
Article 3 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction de la requête.
Article 4 : L'Etat versera à Me Boutonnet la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat. En cas de rejet définitif de sa demande d'aide juridictionnelle, cette somme sera versée à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Boutonnet et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 13 décembre 2024.
La juge des référés,
S. Aubert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.