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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2431575

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2431575

lundi 17 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2431575
TypeDécision
Avocat requérantCASAGRANDE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2024, Mme A B, représentée par Me Casagrande, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui fixer un rendez-vous dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance afin qu'elle puisse déposer une demande de titre de séjour et de lui remettre un récépissé l'autorisant à travailler, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à son avocate en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à lui verser si l'aide juridictionnelle ne lui est pas accordée.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ;

- la mesure demandée est utile ;

- la demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire, enregistré le 20 janvier 2025, le préfet de police conclut à ce qu'il n'y ait lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et au rejet du surplus de la requête.

Il soutient que Mme B a été convoquée le 24 janvier 2025 en vue du dépôt de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour.

Par un mémoire, enregistré le 20 janvier 2025, Mme B informe le tribunal qu'elle maintient ses conclusions tendant à la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () soit par la juridiction compétente ou son président. " Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la demande de référé :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. "

En ce qui concerne la demande de rendez-vous :

3. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête, Mme B, ressortissante algérienne née le 7 mai 1984, a été convoquée le 24 janvier 2025 et qu'elle a, à cette occasion, déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par suite, les conclusions de Mme B tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de police de lui fixer un tel rendez-vous sont devenues sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.

En ce qui concerne la demande de délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour :

4. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () "

5. Il résulte de l'instruction qu'à l'issue de son rendez-vous du 24 janvier 2025, au cours duquel elle a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour, Mme B a été munie d'un document confirmant le dépôt de sa demande, qui ne constitue pas la preuve de la régularité du séjour. Il ne résulte pas de l'instruction, et n'est d'ailleurs pas soutenu par le préfet de police, que le dossier de demande de titre de séjour déposé par Mme B le 24 janvier 2025 serait incomplet et qu'elle ne remplit pas les conditions pour se voir remettre le récépissé prévu par les dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'absence de délivrance de ce document maintient l'intéressée dans une situation de précarité. Ainsi, Mme B justifie de l'urgence de sa situation et de l'utilité de la mesure sollicitée. En outre, sa demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de délivrer à Mme B un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte. En revanche, il n'y a pas lieu d'enjoindre au préfet de police que ce récépissé précise que Mme B est autorisée à travailler.

Sur les frais liés au litige :

7. Il résulte du point 1 que Mme B est provisoirement admise à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Casagrande, avocate de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Casagrande de la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros lui sera versée.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B est admise à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme B tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de police de lui fixer un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de police de délivrer à Mme B un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Casagrande renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Casagrande, avocate de Mme B, une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B, la somme de 800 euros lui sera versée.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et à Me Casagrande.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 17 février 2025.

La juge des référés,

Signé

M. Dhiver

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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