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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2431656

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2431656

vendredi 13 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2431656
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantOTTOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Ottou, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de modifier l'injonction prononcée par l'article 3 de l'ordonnance n° 2426799/1 du 29 octobre 2024, par une nouvelle injonction de lui délivrer une convocation en vue de réexaminer sa situation, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'Etat, ou à lui verser directement en cas de non admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient qu'en refusant de lui donner un rendez-vous afin de réexaminer sa situation, le préfet de police de Paris n'a pas exécuté l'ordonnance de référé n° 2426799/1 du 29 octobre 2024, ce qui constitue un élément nouveau au sens de l'article L. 521-4 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 décembre 2024, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer sur la requête de M. A. Il fait valoir que l'intéressé a été invité à se présenter le 19 décembre 2024 en préfecture en vue de la délivrance d'un récépissé l'autorisant à travailler dans le cadre du réexamen de sa situation et qu'il a ainsi, à tout le moins, commencé à exécuter l'ordonnance de référé.

Par un mémoire enregistré le 13 décembre 2024, M. A, représenté par Me Ottou, doit être regardé comme se désistant de ses conclusions aux fins de nouvelle injonction et d'astreinte, mais comme maintenant ses conclusions aux fins d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire et de versement d'une somme de 1500 euros au titre des frais d'instance.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance n° 2426799/1 du 29 octobre 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Paris.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Rohmer, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. Rohmer a lu son rapport au cours de l'audience publique tenue le 13 décembre 2024 en présence de Mme Lafosse, greffière d'audience.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant camerounais né le 8 juin 2006, a saisi le tribunal administratif de Paris, le 7 octobre 2024, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code justice administrative à fins de suspension de la décision implicite par laquelle le préfet de police de Paris a refusé de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour. Par une ordonnance du 29 octobre 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Paris a suspendu cette décision et a enjoint au préfet de police de Paris de réexaminer la demande de M. A dans un délai de 15 jours à compter de la notification de ladite ordonnance. En l'absence de nouvelle décision statuant sur sa demande, M. A demande la révision de l'injonction prononcée par l'ordonnance n° 2426799/1 du 29 octobre 2024 sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative.

Sur la demande d'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête en référé de M. A, il y a lieu d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".

4. Par un mémoire, enregistré le 13 décembre 2024, M. A doit être regardé comme se désistant purement et simplement de ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte. Rien ne s'oppose à ce qu'il soit donné acte de ce désistement.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Il résulte du point 2 que M. A est provisoirement admis à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Ottou, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Ottou de la somme de

800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros lui sera versée.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il est donné acte du désistement de M. A de ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Ottou renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Ottou, avocat de M. A, une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A, la somme de 800 euros lui sera versée.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, Me Ottou et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 13 décembre 2024.

Le juge des référés,

B. ROHMER

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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