jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2431928 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 3, 4 et 5 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Ducassoux, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative qui sera versée à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. B soutient que :
- il justifie de l'existence d'une situation d'urgence ;
- l'absence de remise d'un récépissé porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au travail et à son droit à mener une vie privée et familiale normale.
Des pièces ont été produites le 4 décembre 2024 par le préfet de police représenté par le cabinet Tomasi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Mme Giraudon a été désignée par le président du tribunal pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à une audience publique.
Au cours de l'audience publique du 4 décembre 2024, tenue en présence de Mme Poulain, greffière, Mme Giraudon a donné lecture de son rapport et entendu :
- les observations de Me Ducassoux, représentant M. B ;
- les observations de Me Zerad représentant le préfet de police.
La clôture de l'instruction a été reportée pour permettre au préfet de police de produire des pièces relatives au droit au séjour de M. B.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête en référé de M. B, il y a lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
3. M. B, ressortissant algérien né le 1er mars 2005 est entré en France avec sa famille en juillet 2018. Le 10 mai 2024, la préfecture de police lui a délivré un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler valable jusqu'au 9 novembre 2024. Il en a demandé le renouvellement dans les délais requis, en vain. Or, M. B qui est inscrit en BTS dans un lycée professionnel doit suivre un stage en apprentissage pour lequel il doit détenir un titre de séjour l'autorisant à travailler, et son maître de stage menace de mettre fin à sa formation à défaut de récépissé au plus tard le 5 décembre 2024.l'absence de remise d'un tel document porte ainsi une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales invoquées par le requérant qui justifie également d'une situation d'urgence. S'il résulte de l'instruction et notamment des pièces produites par le préfet de police dans le cadre de la présente instance que le préfet de police a décidé de lui délivrer un certificat de résidence valable du 26 novembre 2024 au 25 novembre 2025 et que la fabrication de ce titre a été demandée le 2 décembre 2024, aucun document permettant d'attester de la régularité de son séjour n'a été remis à M. B. Compte tenu des conséquences sur la formation de ce dernier de l'absence d'un tel document, il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de délivrer à M. B tout document, récépissé ou attestation permettant d'attester de la régularité de son séjour depuis le 26 novembre 2024 dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État une somme de 900 euros qui sera versée à Me Ducassoux en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle et sous réserve que M. B soit définitivement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Dans l'hypothèse où il ne serait pas définitivement admis à l'aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée.
O R D O N N E
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de délivrer à M. B tout document, récépissé ou attestation permettant d'attester de la régularité de son séjour depuis le 26 novembre 2024 dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Ducassoux renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Ducassoux une somme de 900 (neuf cents) euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans l'hypothèse où il ne serait pas définitivement admis à l'aide juridictionnelle, cette somme sera versée à M. B.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B au ministre de l'intérieur et à Me Ducassoux.
Copie en sera adressée au préfet de police et au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Paris, le 5 décembre 2024.
La juge des référés,
M.-C. GIRAUDON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2431928/9