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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2431952

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2431952

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2431952
TypeOrdonnance
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 décembre 2024, Mme A B, représentée par Me Gonidec, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un rendez-vous, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard, afin d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui remettre un récépissé l'autorisant à travailler ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B soutient que :

- la condition de l'urgence est satisfaite ;

- en ne lui délivrant pas un récépissé l'autorisant à travailler, le préfet de police porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au travail, à sa liberté d'aller et venir et à sa vie privée et familiale.

Des pièces ont été produites le 4 décembre 2024 par le préfet de police représenté par Me Tomasi.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Mme Giraudon a été désignée par le président du tribunal pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à une audience publique.

Au cours de l'audience publique du 4 décembre 2024, tenue en présence de Mme Poulain, greffière, Mme Giraudon a donné lecture de son rapport et entendu :

- les observations de Me Gonidec, représentant Mme B ;

- les observations de Me Zerad représentant le préfet de police qui a conclu au rejet de la requête.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".

2. Mme B, ressortissante mexicaine née le 20 octobre 1993, est entrée régulièrement en France en 2020 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " et était titulaire en dernier lieu d'un titre de séjour " recherche d'emploi- création d'entreprise " valable jusqu'au 3 septembre 2024. Elle demanda le renouvellement de ce titre dans les délais requis avec un changement de statut pour obtenir une carte de séjour portant la mention " salarié " et elle obtint l'autorisation de travail requise le 17 septembre 2024. Il n'est pas contesté par le préfet de police que son dossier était complet le 8 novembre 2024. Néanmoins aucun récépissé l'autorisant à travailler ne lui a été remis, en violation des dispositions des article R. 431-12 et R. 431-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'employeur qui souhaite la recruter en contrat à durée indéterminée en qualité de cadre menace de mettre fin à son contrat de travail. Mme B justifie ainsi de l'existence d'une situation d'urgence. En refusant de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler, le préfet de police, qui n'invoque aucune circonstance qui s'opposerait à la délivrance d'un titre portant la mention " salarié " pour occuper un emploi qui a donné lieu à une autorisation de travail, porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit au travail de Mme B.

3. il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de délivrer à Mme B un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :

4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E

Article 1er : Il est enjoint au préfet de police de délivrer à Mme B un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 2 : L'État versera à Mme B une somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 5 décembre 2024.

La juge des référés,

M.-C. GIRAUDON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2431952/9

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