vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2432025 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET SEBAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 décembre 2024, le centre d'action sociale de la Ville de Paris (CASVP), représenté par Me Vandepoorter, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion de M. A B du logement n° 103 de la résidence " Les Bois ", située 10-12 rue des Bois à Paris 19ème, dans un délai de 10 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de l'autoriser à procéder à l'expulsion de M. B et à l'évacuation, à ses frais et risques, de l'ensemble des biens qui lui appartiennent, au besoin avec le concours de la force publique ;
3°) de condamner M. B à verser la somme de 3 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le juge administratif est compétent pour prononcer l'expulsion d'un logement géré par le CASVP, établissement public communal qui assure une mission de service public en vue de la prise en charge de personnes âgées par l'accès aux résidences appartements, en application des dispositions de l'article L. 123-5 et suivants du code de l'action sociale et des familles ;
- en sa qualité de gestionnaire de la résidence, il est recevable à saisir le juge des référés afin d'ordonner l'expulsion de M. B dès lors que, l'intéressé ayant été exclu de la résidence, son expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse, la demande est utile et urgente car l'occupation sans droit ni titre du logement n°103 fait obstacle au fonctionnement normal du service public dès lors que 977 personnes sont candidates à l'attribution d'un logement au sein de la résidence " Les Bois " à la date du 2 décembre 2024.
La requête a été communiquée à M. B, qui n'a pas présenté de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Thomas, greffière d'audience, Mme C a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Malbete, substituant Me Vandepoorter, pour le CASVP, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le centre d'action sociale de la ville de Paris (CASVP), gestionnaire de l'établissement d'hébergement pour personne âgées (EHPA) résidence
" Les Bois ", située 10-12 rue des Bois à Paris 19ème, a conclu le 15 novembre 1996 avec M. B un contrat de séjour en logement-foyer. Par un arrêté du 23 décembre 2019, la directrice adjointe du CASVP a prononcé l'exclusion de M. B en raison de son absence depuis plus de quatre mois au cours de l'année civile. Le CASVP demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion de M. B du logement n° 103 de la résidence " Les Bois ".
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision. " Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion de tout occupant sans droit ni titre du domaine public.
3. Il résulte de l'instruction que M. B, ressortissant tunisien né le 26 mai 1924, a signalé en 2018 au CASVP qu'il partait pour le Maroc. Par un arrêté du 23 décembre 2019, le CASVP a exclu M. B de son logement en raison de son absence de plus de quatre mois, conformément à l'article 9 du contrat de séjour du 15 novembre 1996, a mis à sa charge le paiement d'une somme de 730 euros et lui a enjoint de libérer les lieux dans un délai de deux mois. Toutefois, depuis son départ, le 15 mai 2018, pour le Maroc, M. B n'a plus donné signe de vie malgré les différents courriers qui lui ont été adressés et n'est donc jamais revenu vivre dans le logement n°103 de la résidence " Les Bois ". Il doit, dès lors, être regardé comme ayant abandonné définitivement ce logement à la suite de son départ définitif vers le Maroc. En application de l'article 7 du contrat de séjour du 15 novembre 1996, le CASVP doit conserver les biens mobiliers de ce logement pendant une durée d'un an à compter du lendemain du jour du départ définitif, puis les proposer au service des domaines pour vente et, en cas de refus du service des domaines, les objets deviennent la propriété du CASVP qui peut en disposer comme il l'entend.
4. Il résulte de ce qui vient d'être dit que la demande d'expulsion de M. B est dépourvue d'utilité. Il suit de là que l'une des conditions requises par l'article L. 521-3 du code de justice administrative n'est pas réunie et que la requête du CASVP doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête du centre d'action sociale de la Ville de Paris est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au centre d'action sociale de la Ville de Paris et à M. A B.
Fait à Paris, le 13 décembre 2024.
La juge des référés
A. C
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°2432025/4-1